{"id":412,"date":"2017-10-23T17:30:15","date_gmt":"2017-10-23T16:30:15","guid":{"rendered":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/?p=412"},"modified":"2017-10-23T17:30:15","modified_gmt":"2017-10-23T16:30:15","slug":"il-etait-une-fois-la-revolution-le-figaro-histoire-fevrier-mars-2017-n-30-pages-52-61","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/il-etait-une-fois-la-revolution-le-figaro-histoire-fevrier-mars-2017-n-30-pages-52-61\/","title":{"rendered":"\u00ab Il \u00e9tait une fois la r\u00e9volution \u00bb\/Le FIGARO HISTOIRE\/ F\u00e9vrier-Mars 2017, n\u00b0 30\/ pages 52-61"},"content":{"rendered":"<p><em>En liquidant le tsarisme, Kerenski et les r\u00e9formistes pensaient jeter les bases d\u2019une r\u00e9publique lib\u00e9rale. Ils ont ouvert la voie \u00e0 la sanglante dictature de L\u00e9nine. <\/em><\/p>\n<p>Jean-Pierre ARRIGNON:<\/p>\n<p><strong>Que visait Nicolas II en engageant la Russie dans la Premi\u00e8re Guerre mondiale\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Quand Nicolas acc\u00e8de au tr\u00f4ne de Russie en 1894, \u00e0 la mort de son p\u00e8re Alexandre III, tout semblait annoncer un r\u00e8gne pacifique et heureux. La Russie conna\u00eet alors un d\u00e9veloppement exceptionnel, conduit par le ministre des finances Serge Witte (1892-1903). Le rouble devient alors une monnaie or convertible, le transsib\u00e9rien est achev\u00e9 et l\u2019\u00e9tatisation du commerce de la vodka rapporte \u00e0 24% des ressources de l\u2019Etat entre 1893 et 1899\u00a0! Cette euphorie \u00e9conomique trouve \u00e9galement son expression culturelle dans \u00ab\u00a0l\u2019\u00e2ge d\u2019argent\u00a0\u00bb, p\u00e9riode qui couvre les deux premi\u00e8res d\u00e9cennies du XXe s., dont les principaux auteurs appartiennent \u00e0 la litt\u00e9rature mondiale\u00a0: Anna Akhmatova, Andr\u00e9 Biely, Alexandre Blok, Marina Tsvetaieva, Serge Essenine, Ossip Mandelstam, Vladimir Ma\u00efakovski, Boris Pasternak etc.<\/p>\n<p>Cette prosp\u00e9rit\u00e9 russe suscite une grande crainte notamment en Allemagne dont les principaux dirigeants \u00e9taient convaincus que leur pays non seulement ne devenait pas plus fort mais au contraire devenait plus faible que les autres puissances europ\u00e9ennes.\u00a0 Pourtant, la dynamique \u00e9conomique qui permettait le d\u00e9veloppement de\u00a0 l\u2019empire russe\u00a0 et suscitait la crainte du monde germanique, connut un s\u00e9v\u00e8re coup d\u2019arr\u00eat en 1905 lors de la d\u00e9faite des Russes dans la guerre contre la Japon (8 janvier 1904-5 septembre 1905) et la\u00a0 R\u00e9volution\u00a0 de 1905 (22 janvier 1905-17 Octobre 1905). La guerre contre le Japon s\u2019acheva par le trait\u00e9 de Portsmouth qui priva l\u2019empire russe d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la mer libre avec la perte de Port-Arthur\u00a0; par le Manifeste d\u2019Octobre (17 octobre 1905),\u00a0 inspir\u00e9 par Serge Witte, la monarchie autocratique fait place \u00e0 une monarchie constitutionnelle, suscitant de grands espoirs rapidement bris\u00e9s par la reprise en main de l\u2019Autocratie, deux ans seulement apr\u00e8s l\u2019esp\u00e9rance suscit\u00e9e par la R\u00e9volution lib\u00e9rale de 1905.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte militaire, politique et social que l\u2019Europe se lance dans la guerre en Juillet 1914. Que pouvait esp\u00e9rer l\u2019empire russe en se lan\u00e7ant dans la guerre et en esp\u00e9rant en sortir victorieux.<\/p>\n<p>Nicolas II et les milieux conservateurs esp\u00e9raient reconstruire l\u2019unit\u00e9 de l\u2019empire autour d\u2019un empereur autocrate, conservateur et victorieux dont la position avait \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment affaiblie par la d\u00e9faite contre le Japon et la R\u00e9volution de 1905. Piotr Stolypine (1906-14 septembre 1911), est charg\u00e9 de moderniser l\u2019empire\u00a0; son assassinat, \u00e0 Kiev, par Dmitrij Bogrov, annihile la derni\u00e8re tentative de r\u00e9former et de lib\u00e9raliser l\u2019empire avant la Grande guerre.<\/p>\n<p>Les esp\u00e9rances de l\u2019empire en cas de victoire se manifestaient en direction de l\u2019Europe centrale\u00a0: Briser les influences turques et austro-hongroises dans les Balkans et placer les peuples serbes, bulgares, croates et slov\u00e8nes, tous de langue slave et majoritairement orthodoxes \u00e0 l\u2019exception des Croates et des Slov\u00e8nes, majoritairement catholiques, sous l\u2019influence russe. Le r\u00eave de rassembler la <em>slavia orthodoxia<\/em> sous le sceptre des Romanov s\u2019inscrivait comme un accomplissement du tricentenaire des Romanov c\u00e9l\u00e9br\u00e9 avec faste, en 1913.<\/p>\n<p>Sur le plan ext\u00e9rieur, l\u2019objectif des Russes \u00e9tait d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019Oc\u00e9an pacifique, surtout apr\u00e8s la perte de Port-Arthur en 1905, \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e et \u00e0 la mer Blanche, tous ces espaces maritimes, libres de glace, \u00e9tant vitaux pour l\u2019exportation d\u2019une production en forte croissance.<\/p>\n<p>La R\u00e9volution bolch\u00e9vique de 1917 changea la donne\u00a0!<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quelle est la situation de la Russie au d\u00e9but de 1917?<\/strong><\/p>\n<p>En janvier 1917, la situation politique et sociale dans Petrograd est terriblement d\u00e9grad\u00e9e. Les magasins d\u2019alimentation ferment en masse car il n\u2019y a plus d\u2019arrivages suffisants de produits alimentaires. De plus, les \u00e9l\u00e9ments se d\u00e9cha\u00eenent dans la nuit du 14\/27 f\u00e9vrier, les chutes de neige emp\u00eachent les trains de c\u00e9r\u00e9ales d\u2019atteindre la capitale. Le 16 f\u00e9vrier\/29 f\u00e9vrier, la municipalit\u00e9 de Petrograd introduit les cartes de rationnement pour le pain. Les pauvres se ruent vers les boulangeries et les magasins sont pill\u00e9s. La foule s\u2019organise en rassemblements au cri \u00ab\u00a0du pain\u00a0\u00bb. Pourtant, le gouvernement reste passif. Le 8 mars, \u00e0 l\u2019occasion de la\u00a0\u00ab\u00a0 journ\u00e9e des femmes\u00a0\u00bb, les femmes se rassemblent \u00e0 Vyborg, faubourg de Petrograd et marchent sur l\u2019h\u00f4tel de ville. Les organisateurs des partis r\u00e9volutionnaires tentent de s\u2019opposer \u00e0 cette manifestation.\u00a0\u00a0 Le samedi 25 f\u00e9vrier\/10 mars, les manifestants, arm\u00e9s de bric et de broc, se pressent sur la perspective Nevski avec des pancartes\u00a0: \u00ab\u00a0A bas le tsarisme\u00a0; \u00e0 bas la guerre\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sur la Nevski, la police mont\u00e9e lance plusieurs charges, mais les cosaques, pr\u00e9sents, prennent le parti des manifestants. C\u2019est une surprise\u00a0que de voir les cosaques, paysans libres et arm\u00e9s, li\u00e9s par serment de fid\u00e9lit\u00e9 au Tsar, passer \u00e0 la r\u00e9volte\u00a0!<\/p>\n<p>Le dimanche 26 f\u00e9vrier\/11 mars 1917, Petrograd est en pleine \u00e9bullition\u00a0; le gouvernement et le g\u00e9n\u00e9ral Khabalov disposent des moyens pour calmer l\u2019\u00e9meute\u00a0: ils ont des stocks de ravitaillement qu\u2019ils peuvent distribuer et des armes et munitions pour r\u00e9primer les d\u00e9sordres. Ils ne font rien. Les civils \u00ab\u00a0agitateurs de la R\u00e9volution\u00a0\u00bb multiplient les contacts avec les militaires sans toutefois parvenir \u00e0 les rallier. Il faut attendre la fin de soir\u00e9e du dimanche 11 mars et le lundi 12 mars pour que tout bascule et que la d\u00e9saffection de l\u2019arm\u00e9e soit irr\u00e9versible\u00a0!<\/p>\n<p>Une compagnie d\u2019\u00e9l\u00e8ves officiers du r\u00e9giment Volynski, plac\u00e9s devant l\u2019h\u00f4tel de ville, refuse de tirer sur la foule et d\u00e9charge ses fusils. Le capitaine menace les sous-officiers de s\u00e9v\u00e8res sanctions. La compagnie maintenue en service jusqu\u2019au lendemain matin, est travaill\u00e9e la nuit par l\u2019adjudant-chef Kirpitchnikov, membre du comit\u00e9 r\u00e9volutionnaire, qui leur annonce que par punition, ils seront envoy\u00e9s au front. La d\u00e9cision est vite prise. Le lendemain matin, quand le capitaine Lachkevitch se pr\u00e9sente il est accueilli par des hu\u00e9es\u00a0; il est menac\u00e9, il se retire quand un coup de fusil claque et le tue. L\u2019adjudant Kirpitchnikov hurle \u00ab\u00a0Tout le monde dehors\u00a0\u00bb. Il dirige les hommes vers le r\u00e9giment Preobrajenski puis Pavlovski pour les rallier. Les officiers ont disparu.<\/p>\n<p>Une foule d\u00e9chain\u00e9e de soldats, d\u2019ouvriers et d\u2019\u00e9tudiants, de femmes et d\u2019enfants\u00a0 prend d\u2019assaut le Palais de Justice, la forteresse Pierre et Paul, l\u2019Arsenal, la prison des Croix. Tous les commissariats de police br\u00fblent. La mitraille couvre la ville. Une partie des r\u00e9volt\u00e9s se dirige vers le Palais de Tauride o\u00f9 si\u00e8ge la Douma. Le matin de ce fatidique lundi 27 f\u00e9vrier \/ 12 mars, la Douma s\u2019appr\u00eate \u00e0 se mettre en vacances quand la foule arrive chantant la \u00ab\u00a0Marseillaise\u00a0\u00bb, c\u2019est alors que Kerenski bondit \u00e0 la tribune en hurlant \u00ab\u00a0Je vais me rendre imm\u00e9diatement dans les casernes\u2026 Puis-je annoncer aux soldats que la Douma est avec eux, qu\u2019elle se place \u00e0 la t\u00eate du mouvement\u00a0\u00bb. Les d\u00e9put\u00e9s socialistes, le 15 mars, confient le pouvoir \u00e0 un noble lib\u00e9ral, le prince Lvov. Deux \u00e9missaires se rendent aupr\u00e8s du tsar, au quartier g\u00e9n\u00e9ral nord, pour lui demander son abdication.<\/p>\n<p>Le 11 mars 1917, marque l\u2019effondrement du tsarisme et l\u2019apparition d\u2019une R\u00e9publique d\u00e9mocratique. L\u2019explosion populaire, les partis r\u00e9volutionnaires en particulier les Bolcheviks, ont su canaliser le profond m\u00e9contentement qui r\u00e9gnait dans le pays. Comme le note Chliapnikov, repr\u00e9sentant de L\u00e9nine en Russie\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Nous sommes les seuls \u00e0 avoir en ce moment une organisation qui couvre toute la Russie\u2026 Le m\u00e9contentement est \u00e0 son comble dans le pays. L\u2019ouragan r\u00e9volutionnaire peut se d\u00e9cha\u00eener \u00e0 tout moment\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Quelles sont les forces politiques en pr\u00e9sence apr\u00e8s mars 1917\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s la journ\u00e9e du 17 mars 1917 et la mise en place de la R\u00e9publique, la Douma gouvernemental forme un gouvernement provisoire dont la plupart des membres sont francs-ma\u00e7ons. Le Grand-duc Nicolas Mikhailovitch, lui-m\u00eame franc-ma\u00e7on, fait l\u2019\u00e9loge de ce gouvernement en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0nous avons un gouvernement de Girondins avec le prince Lvov \u00e0 la t\u00eate, mais le v\u00e9ritable chef est le ministre de la justice, le socialiste Kerenski, de tout premier ordre\u2026.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nicolas II dans son adresse aux soldats du Grand quartier G\u00e9n\u00e9ral, les d\u00e9livre de leur serment\u00a0: \u00ab\u00a0Soumettez-vous au gouvernement provisoire, ob\u00e9issez \u00e0 vos chefs\u2026\u00a0\u00bb notamment le g\u00e9n\u00e9ral Alexeiev qui se voit confier les fonctions de g\u00e9n\u00e9ralissime. C\u2019est la fin de l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale.<\/p>\n<p>Les monarchistes constitutionnels, les d\u00e9mocrates lib\u00e9raux et les socialistes mod\u00e9r\u00e9s qui constituent le gouvernement sont emport\u00e9s par leur r\u00eave tolsto\u00efen de construire une R\u00e9publique du bonheur, de concorde, d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de libert\u00e9. Attitude bien rapport\u00e9e par R. Naudeau, journaliste fran\u00e7ais alors \u00e0 Petrograd\u00a0: \u00ab\u00a0La r\u00e9volution russe d\u00e9buta par un malentendu tragique.\u00a0 Des messieurs convenables et bien gant\u00e9s, des lib\u00e9raux distingu\u00e9s, des savants, des bourgeois riches, des gentilshommes, des \u00e9crivains de talent, des historiens avaient voulu dans un but des plus patriotiques, organiser toute la mise en sc\u00e8ne d\u2019un amendement du r\u00e9gime\u2026Mais au moment o\u00f9 le tumulte survint, une foule qui semblait en l\u00e9thargie\u2026 s\u2019\u00e9tait \u00e0 l\u2019improviste ru\u00e9e sur la sc\u00e8ne, frappant non seulement le tsar et ses alguazils, mais aussi tous les Joseph Prudhomme qui avaient voulu inciter le despote \u00e0 se contenter comme sceptre, du parapluie de Louis-Philippe.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le Gouvernement provisoire laisse s\u2019installer une dualit\u00e9 du pouvoir avec le Soviet de Petrograd o\u00f9 affluent toutes les pulsions de la r\u00e9volution en marche dans une assembl\u00e9e tr\u00e8s divis\u00e9e o\u00f9 s\u2019affrontent socialistes et anarchistes.<\/p>\n<p>Kerenski, ministre de la guerre, qui rejette le corps des officiers qu\u2019il soup\u00e7onne de vouloir restaurer la monarchie, pratique une politique d\u2019\u00e9quilibre entre l\u2019arm\u00e9e et le Soviet. Ce qu\u2019il cro\u00eet \u00eatre une habilet\u00e9 de gouvernement, ruine en r\u00e9alit\u00e9 son pouvoir. Le Soviet cherche \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer l\u2019implosion de l\u2019arm\u00e9e\u00a0; cette derni\u00e8re est d\u00e9truite par le c\u00e9l\u00e8bre <em>Prikaz<\/em> n\u00b0 1 du 14 mars 1917 qui ordonne l\u2019\u00e9lection des soviets de soldats dans toutes les unit\u00e9s militaires\u00a0; ces soviets contr\u00f4lent les armes et les v\u00e9hicules\u00a0 et reconnaissent aux soldats tous les droits politiques sous l\u2019uniforme\u00a0; les officiers perdent toutes leurs pr\u00e9rogatives, sont molest\u00e9s et arr\u00eat\u00e9s avec la pleine connivence du Gouvernement provisoire\u00a0! Les d\u00e9sertions prennent des proportions massives. Les Allemands fabriquent et distribuent par-dessus les tranch\u00e9es, un journal, le <em>Messager russe<\/em>, qui souligne les intentions pacifistes de l\u2019Allemagne et appelle \u00e0 la fraternisation\u00a0!<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quel r\u00f4le a jou\u00e9 l\u2019Allemagne de Guillaume II dans l\u2019\u00e9mergence du parti bolchevique\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>La R\u00e9volution d\u2019Octobre 1917 porte Vladimir Illitch Oulianov, dit L\u00e9nine, au pouvoir \u00e0 la t\u00eate des Bolch\u00e9viks \/majoritaires, pour instaurer une\u00a0 Russie sovi\u00e9tique, premier r\u00e9gime communiste de l\u2019Histoire qui donnera naissance \u00e0 l\u2019URSS en 1923. La rapidit\u00e9 avec laquelle L\u00e9nine parvient \u00e0 ses fins \u00e0 rapidement susciter des interrogations et nombreux sont ceux qui ont d\u00e9nonc\u00e9 L\u00e9nine comme agent allemand missionn\u00e9 par L\u2019Allemagne de Guillaume II.<\/p>\n<p>Cette accusation de l\u2019ing\u00e9rence allemande \u00e9tait largement r\u00e9pandue en Allemagne. D\u00e8s 1914 le nom de la capitale, Saint-P\u00e9tersbourg jug\u00e9 trop allemand,\u00a0 est chang\u00e9 en Petrograd qui est plus russe\u00a0! l\u2019imp\u00e9ratrice, Alexandra de Hesse-Darmstadt, en d\u00e9pit de son d\u00e9vouement et celui de ses filles \u00e0 soigner les bless\u00e9s de la guerre, est qualifi\u00e9e par le peuple \u00ab\u00a0d\u2019allemande\u00a0\u00bb. Dans ce contexte de rumeurs g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es, le retour soudain de L\u00e9nine \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg le 3 avril 1917, en provenance de Suisse o\u00f9 il r\u00e9sidait depuis d\u00e9cembre 1914, d\u2019abord \u00e0 Berne puis \u00e0 Zurich, suscite la rumeur\u00a0: il est accus\u00e9 d\u2019avoir travers\u00e9 l\u2019Europe dans \u00ab\u00a0un wagon plomb\u00e9\u00a0\u00bb mis \u00e0 sa disposition par Guillaume II pour d\u00e9stabiliser l\u2019empire russe \u00e9branl\u00e9 par une agitation sociale g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Quel cr\u00e9dit accord\u00e9 \u00e0 ses assertions qui ont connu une tr\u00e8s large diffusion\u00a0?<\/p>\n<p>Dans le journal antis\u00e9mite <em>Jivoe Slovo<\/em>, du 18 juillet 1917, l\u2019ancien d\u00e9put\u00e9 Aleksinski accuse L\u00e9nine d\u2019intelligence avec l\u2019ennemi en s\u2019appuyant sur les all\u00e9gations de\u00a0 l\u2019espion militaire Ermolenko qui assure que les instructions et l\u2019argent des Bolcheviks proviennent d\u2019Allemagne. Le banquier de la NYA Banken, Olof Aschberg, est qualifi\u00e9 par la presse allemande de banquier de la R\u00e9volution\u00a0! Toutefois, il ne semble pas que l\u2019argent allemand coula \u00e0 flot\u00a0! Ces all\u00e9gations sont lanc\u00e9es au moment o\u00f9 l\u2019offensive russe contre l\u2019Allemagne se r\u00e9v\u00e8le un \u00e9chec total. L\u2019argent allemand aurait servi aux Bolcheviks pour acheter des armes. En v\u00e9rit\u00e9, les armes des Bolcheviks proviennent pour l\u2019essentiel des pilages des arsenaux, lors des \u00e9meutes populaires de l\u2019ann\u00e9e 1917.<\/p>\n<p>Les Fran\u00e7ais et les Britanniques ont surtout retenu contre L\u00e9nine l\u2019\u00e9pisode du \u00ab\u00a0wagon plomb\u00e9\u00a0\u00bb. L\u00e9nine, r\u00e9fugi\u00e9 en Suisse,\u00a0 a accept\u00e9 le 9 avril la proposition allemande de retourner en Russie en traversant le Reich dans un train sans arr\u00eat. L\u00e9nine exige que son wagon jouisse d\u2019extraterritorialit\u00e9, fasse le trajet sans arr\u00eat et que l\u2019on proc\u00e8de \u00e0 un \u00e9change de prisonniers russes et austro-hongrois. Cet accord a \u00e9t\u00e9 conclu par les diplomates allemands dont le comte Brokdorff-Rantzau, ambassadeur\u00a0 \u00e0 Copenhague, et un r\u00e9volutionnaire russe, Israel Lazarevitch Gelfand, connu sous le nom d\u2019Alexandre Parvus (1867-1924). En mars 1917, conform\u00e9ment au plan \u00e9labor\u00e9 par Parvus,\u00a0 les renseignements allemands transportent en Russie \u00e0 travers l\u2019Allemagne L\u00e9nine et un groupe de trente trois r\u00e9volutionnaires dans un train supervis\u00e9 par le socialiste suisse Fritz Platten.<\/p>\n<p>La connivence de Parvus avec les Allemands fut rapidement connu et brouilla rapidement Parvus avec le r\u00e9seau r\u00e9volutionnaire, y compris Rosa Luxembourg et les socialistes allemands. Apr\u00e8s la R\u00e9volution d\u2019Octobre, les Sovi\u00e9tiques ni\u00e8rent son r\u00f4le.<\/p>\n<p>Parvus a su mesurer le r\u00f4le majeur de la personnalit\u00e9 de L\u00e9nine\u00a0; il a incontestablement permis son retour en Russie, mais l\u00e0 s\u2019arr\u00eate son action. Il ne faut pas accorder \u00e0 Parvus et \u00e0 travers lui \u00e0 l\u2019Allemagne un r\u00f4le majeur dans l\u2019\u00e9mergence du parti bolchevique qui se nourrissait bien davantage de la situation r\u00e9volutionnaire qui se d\u00e9veloppait dans le pays. L\u2019Histoire r\u00e9cuse la \u00ab\u00a0th\u00e9orie du complot\u00a0\u00bb constamment renaissante sur la base de vrais-faux documents\u00a0: les <em>kompromaty.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pourquoi Kerenski \u00e9choue-t-il \u00e0 \u00e9liminer les bolcheviks?<\/strong><\/p>\n<p>En mai 1917, Albert Thomas, ministre fran\u00e7ais des Armements, vient \u00e0 Petrograd pour pousser les Russes \u00e0 l\u2019offensive. Il convainc Kerenski de se lancer dans la \u00ab\u00a0Guerre jusqu\u2019au bout\u00a0\u00bb. Des volontaires s\u2019enr\u00f4lent dans les fameux \u00ab\u00a0bataillons de la mort\u00a0\u00bb. Le 18 juin\/1<sup>e<\/sup> juillet, ces bataillons d\u2019\u00e9lite, sous le commandement du g\u00e9n\u00e9ral Broussilov,\u00a0 lancent l\u2019offensive sur le front sud-ouest\u00a0 qui s\u2019ach\u00e8ve par le d\u00e9sastre de Tarnopol, perp\u00e9tr\u00e9 par le refus des troupes de combattre ce qui fait dire au g\u00e9n\u00e9ral russe Monkevitz \u00ab\u00a0ce fut le jour le plus honteux de toute l\u2019histoire de l\u2019arm\u00e9e russe\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les nouvelles de ce d\u00e9sastre provoquent une crise dans le Gouvernement provisoire dont 4 ministres d\u00e9missionnent. Des meetings et des troupes d\u00e9filent en armes le 3 juillet sur la Perspective Nevski. La passivit\u00e9 du Gouvernement pousse alors les Bolch\u00e9viks \u00e0 prendre la t\u00eate du mouvement, mais dans la nuit, les cosaques du g\u00e9n\u00e9ral Polotsev, nettoient la ville\u00a0; L\u00e9nine confie \u00e0 Trotski \u00ab\u00a0Maintenant ils vont tous nous fusiller, c\u2019est le bon moment pour eux\u00a0!\u00a0\u00bb L\u00e9nine s\u2019enfuit en Finlande et Trotsky est arr\u00eat\u00e9. Kerenski consid\u00e8re qu\u2019il a \u00e9limin\u00e9 les Bolcheviks\u00a0! Le 8 juillet, le prince Lvov d\u00e9missionne et Kerenski devient Premier ministre. C\u2019est dans ce contexte que se d\u00e9roule la tentative du g\u00e9n\u00e9ral Kornilov de marcher sur Petrograd avec la \u00ab\u00a0Division sauvage\u00a0\u00bb. Kerenski rel\u00e8ve le g\u00e9n\u00e9ral de son commandement et se proclame g\u00e9n\u00e9ralissime\u00a0! Les Bolcheviks, sous la conduite de l\u2019agitateur Frounze,\u00a0 parviennent \u00e0 retourner les cosaques de la Division sauvage, comme l\u2019exprime Mikhail Cholokhov dans son roman \u00ab\u00a0<em>Don paisible<\/em>\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Les Bolcheviks ne me prendront pas mon dernier lopin de terre, mon capitaine. Je n\u2019ai qu\u2019un lot, en tout et pour tout, ils n\u2019ont pas besoin de ma terre\u2026Tandis que, par exemple,\u00a0 soit dit sans vous offenser, Monsieur votre p\u00e8re poss\u00e8de dix mille d\u00e9ciatines\u2026Vous pensez bien que c\u2019est vexant pour le peuple\u00a0! Les Bolch\u00e9viks vivent juste et vous parlez de leur faire la guerre\u2026\u00a0\u00bb. C\u2019est l\u2019\u00e9chec de la tentative de Kornilov et une nouvelle purge frappe le haut commandement de l\u2019arm\u00e9e. Surtout, cette affaire remet en selle les Bolcheviks qui prennent la direction du Comit\u00e9 militaire r\u00e9volutionnaire (CMR) qui d\u00e9cide d\u2019armer officiellement les Gardes rouges\u00a0; La pr\u00e9paration du coup d\u2019\u00e9tat est en marche\u00a0! il doit avoir lieu le 25 octobre\/8 novembre, jour de l\u2019ouverture du Congr\u00e8s des Soviets. Face \u00e0 cette menace, Kerensky assure \u00ab\u00a0Qu\u2019ils se soul\u00e8vent, je n\u2019attends que cela pour les \u00e9craser\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas la poursuite de la guerre qui a favoris\u00e9 les Bolcheviks, mais bien le d\u00e9mant\u00e8lement de l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale entrepris par Kerenski par le\u00a0\u00a0 tristement c\u00e9l\u00e8bre Prikaz n\u00b0 1 et le Conseil militaire r\u00e9volutionnaire qui offrent aux Bolcheviks l\u2019opportunit\u00e9 de cr\u00e9er dans toutes les unit\u00e9s, des soviets aux mains d\u2019agitateurs bolcheviques. Soviets et commissaires se chargent d\u2019instrumentaliser la soldatesque qui s\u2019organise en bandes anarchiques pour lesquelles le pillage et le meurtre sont d\u00e9sormais le quotidien. L\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre une menace pour les Allemands, ce qu\u2019a tr\u00e8s bien compris le g\u00e9n\u00e9ral Hoffmann, chef d\u2019\u00e9tat-major des arm\u00e9es allemandes de l\u2019Est.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Comment le putsch rat\u00e9 de Kornilov a-t-il ouvert la voie \u00e0 L\u00e9nine\u00a0? <\/strong><\/p>\n<p>Suite au d\u00e9sastre de l\u2019offensive de Tarnopol, le g\u00e9n\u00e9ral Broussilov est relev\u00e9 de son commandement et remplac\u00e9 au Haut commandement par le g\u00e9n\u00e9ral Kornilov qui n\u2019accepte la fonction qu\u2019\u00e0 condition du r\u00e9tablissement de la peine de mort dans les arm\u00e9es. Ce cosaque du Turkestan a une brillante carri\u00e8re militaire qui lui vaut une r\u00e9putation de bravoure. En outre, en f\u00e9vrier 1917, il a accueille la R\u00e9volution avec sympathie, ce qui lui vaut d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 gouverneur de Petrograd par la Douma et, \u00e0 ce titre, il devient le ge\u00f4lier de la famille imp\u00e9riale\u00a0! Il d\u00e9missionne apr\u00e8s son \u00e9chec \u00e0 r\u00e9tablir la discipline dans la garnison de Petrograd. Toutefois, sa r\u00e9putation d\u2019homme fort, lui rallie ceux qui cherchent un Bonaparte\u00a0!<\/p>\n<p>Le10\/23 ao\u00fbt 1917, \u00e0 la demande de Kerenski, Kornilov envoie un corps de cavalerie pour \u00e9tablir l\u2019\u00e9tat de si\u00e8ge \u00e0 Petrograd dans la crainte de manifestations violentes pour contrecarrer le r\u00e9tablissement de la peine de mort dans les arm\u00e9es, mesure que Kerenski a prise sans avertir ni le gouvernement ni le Soviet. Certains pensent que Kerenski s\u2019appuie sur Kornilov pour prendre le pouvoir. Il aurait exig\u00e9 de Kornilov que les troupes envoy\u00e9es \u00e0 Petrograd ne soient pas les cosaques de la Division sauvage et surtout qu\u2019elles ne soient pas command\u00e9es par le g\u00e9n\u00e9ral Krymov suspect\u00e9 d\u2019\u00eatre li\u00e9e \u00e0 une conspiration militaire.<\/p>\n<p>Les archives ne confirment pas que Kornilov ait envisag\u00e9 de conduire un coup d\u2019\u00e9tat dont nous ne trouvons aucune trace de pr\u00e9paration\u00a0!<\/p>\n<p>Quand, le 13 ao\u00fbt, Kerensky apprend le mouvement de la Division sauvage, il r\u00e9unit son cabinet, d\u00e9nonce un complot, limoge Kornilov et se proclame g\u00e9n\u00e9ralissime. Comprenant qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9, Kornilov refuse de se soumettre et le 15 ao\u00fbt, il d\u00e9clare \u00ab\u00a0Moi, g\u00e9n\u00e9ral Kornilov, je d\u00e9clare que le gouvernement provisoire sous la pression de la majorit\u00e9 bolchevique des Soviets, agit en complet accord avec les plans de l\u2019Etat-major allemand\u2026d\u00e9truit l\u2019arm\u00e9e et bouleverse l\u2019int\u00e9rieur du pays\u00a0\u00bb. IL envoie aussi l\u2019ordre \u00e0 tous les g\u00e9n\u00e9raux du front de la soutenir.<\/p>\n<p>A Petrograd c\u2019est l\u2019affolement. Le Soviet et les bolcheviks soutiennent Kerenski qui fait lib\u00e9rer Trotsky et ses camarades emprisonn\u00e9s et autorise d\u2019armer les ouvriers pour d\u00e9fendre la capitale. La Division sauvage est bloqu\u00e9e \u00e0 une cinquantaine de kilom\u00e8tres de Petrograd. Elle se d\u00e9composera de l\u2019int\u00e9rieur. A Orcha, le sous-officier Boudienny, Pr\u00e9sident du soviet de la division caucasienne, descend du train et refuse de marcher sur la capitale. Le 16 ao\u00fbt au soir, les cosaques d\u00e9cident de faire demi-tour. La tentative du g\u00e9n\u00e9ral Kornilov a \u00e9chou\u00e9, seul le g\u00e9n\u00e9ral Krymov entrera \u00e0 Petrograd\u00a0; apr\u00e8s une entrevue houleuse avec\u00a0 Kerenski, il se suicide. Kornilov est arr\u00eat\u00e9 et intern\u00e9 \u00e0 Bykhov avec ses principaux collaborateurs, sous la protection du g\u00e9n\u00e9ral Alexeiev rappel\u00e9 au commandement. Une nouvelle purge frappe l\u2019arm\u00e9e et la marine.<\/p>\n<p>Peut-on parler de coup d\u2019\u00e9tat, il ne semble pas\u00a0; en revanche, on peut y voir une man\u0153uvre de Kerensky pour se d\u00e9barrasser d\u2019un g\u00e9n\u00e9ral en qui il voyait un rival\u00a0! Surtout, l\u2019\u00e9chec de la tentative Kornilov remet en sc\u00e8ne les Bolcheviks qui avaient \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 mal par leur \u00e9chec de juillet. D\u00e9sormais, ils se proclament comme les \u00ab\u00a0seuls d\u00e9fenseurs de la l\u00e9gitimit\u00e9 r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb, le seul rempart contre les militaires\u00a0! Leurs promesses d\u2019une paix imm\u00e9diate et de la redistribution des terres galvanisent derri\u00e8re L\u00e9nine les esp\u00e9rances des soldats et des paysans. L\u00e9nine et les Bolcheviks sortent grands vainqueur de l\u2019affaire Kornilov\u00a0; comme l\u2019\u00e9crit L\u00e9nine c\u2019est la preuve indubitable de la \u00ab\u00a0bolch\u00e9visation des masses\u00a0\u00bb. Il ne reste plus qu\u2019une \u00e9tape \u00e0 franchir que Trotsky annonce\u00a0: l\u2019insurrection bolchevique et le renversement de K\u00e9renski\u00a0!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Les journ\u00e9es d\u2019octobre constituent-elles une r\u00e9volution\u00a0 appuy\u00e9e par les masses populaires ou un coup d\u2019Etat\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Les trois journ\u00e9es d\u2019octobre sont pass\u00e9es dans l\u2019histoire comme les journ\u00e9es du coup d\u2019Etat bolch\u00e9vique dont la prise du palais d\u2019hiver dans la nuit du 25 au 26 octobre, est l\u2019\u00e9v\u00e9nement le plus marquant. Le 7\/20 octobre L\u00e9nine est rentr\u00e9 clandestinement \u00e0 Petrograd\u00a0; d\u00e8s le 10\/23 octobre il participe \u00e0 une r\u00e9union restreinte du Comit\u00e9 central. En d\u00e9pit de l\u2019opposition de Kamenev et de Zinoviev, L\u00e9nine fait adopter la d\u00e9cision de l\u2019insurrection sans date fix\u00e9e. Pourtant le 25 octobre\/8 novembre,\u00a0 Trotsky, avec l\u2019aide du Comit\u00e9 militaire r\u00e9volutionnaire fait occuper les ponts et les postes t\u00e9l\u00e9graphiques par des petites unit\u00e9s de gardes rouges soigneusement s\u00e9lectionn\u00e9es auxquelles se joignent mille cinq cents matelots venus de Kronstadt mais qui croient d\u00e9fendre le Soviet\u00a0!<\/p>\n<p>Dans la nuit du 25 au 26 octobre, le signal de la r\u00e9volution est lanc\u00e9 par un coup de canon \u00e0 blanc, tir\u00e9 du croiseur Aurore, amen\u00e9 sur les rives de la N\u00e9va. Quelques coups de canons tir\u00e9s de la forteresse Pierre et Paul, et qui atteignent le quartier rouge de Vyborg\u00a0! am\u00e8nent les d\u00e9fenseurs \u00e0 se rendre, y compris les membres du bataillon f\u00e9minin, livr\u00e9s aux Gardes rouges\u00a0! Les gardes du central t\u00e9l\u00e9phonique sont massacr\u00e9s\u00a0; \u00e0 Moscou, il ya quelques r\u00e9sistances\u00a0; en province uns seul coup de t\u00e9l\u00e9phone suffit pour changer de r\u00e9gime\u00a0!<\/p>\n<p>La prise du pouvoir des Bolcheviks, connue sous le nom de \u00ab\u00a0R\u00e9volution d\u2019octobre\u00a0\u00bb,n\u2019est en rien le r\u00e9sultat d\u2019une action de masses populaires se ruant sur le Palais d\u2019hiver. C\u2019est le r\u00e9sultat d\u2019un coup d\u2019Etat organis\u00e9 et conduit par un petit groupe de sp\u00e9cialistes contre un pouvoir qui n\u2019existe plus\u00a0! Le 26 vers 9 h du matin, Kerenski s\u2019enfuit de Petrograd dans une voiture de l\u2019ambassade des Etats Unis.<\/p>\n<p>Le Congr\u00e8s panrusse des soviets ent\u00e9rine le matin du 26 octobre la prise du pouvoir des Soviets et nomme un Conseil des Commissaires du peuple dont la pr\u00e9sidence est confi\u00e9e \u00e0 L\u00e9nine et\u00a0 les Affaires \u00e9trang\u00e8res \u00e0 Trotsky. Le m\u00eame jour le Conseil militaire r\u00e9volutionnaire envoie une circulaire \u00e0 tous les soviets d\u2019unit\u00e9s\u00a0 leur ordonnant de surveiller de pr\u00e8s le commandement et de traiter en ennemis les officiers qui ne reconnaissent pas le gouvernement des commissaires du peuple.<\/p>\n<p>La victoire de la R\u00e9volution a \u00e9t\u00e9 largement f\u00eat\u00e9e par les protagonistes. Leurs exploits ont scandalis\u00e9 le Commissaire du peuple aux arm\u00e9es, Antonov-Ovsenko\u00a0 qui \u00e9crit dans ses m\u00e9moires \u00ab\u00a0Une orgie sauvage et sans exemple d\u00e9ferla sur Petrograd\u2026 Ici et l\u00e0, des bandes d\u2019\u00e9meutiers surgissaient, g\u00e9n\u00e9ralement des soldats qui envahissaient les caves, les celliers et allaient parfois jusqu\u2019\u00e0 piller les caf\u00e9s\u2026Le r\u00e9giment Pr\u00e9obrajenski qui avait jusque l\u00e0 gard\u00e9 sa discipline, s\u2019enivra compl\u00e8tement alors qu\u2019il \u00e9tait de garde au palais. Le r\u00e9giment Pavlovski, notre rempart r\u00e9volutionnaire, ne r\u00e9sista pas plus \u00e0 la tentation\u2026Eux aussi s\u2019enivr\u00e8rent\u2026Au cr\u00e9puscule la folle bacchanale faisait rage au cri de \u00ab\u00a0liquidons ces d\u00e9bris du tsarisme\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La R\u00e9volution d\u2019Octobre n\u2019est en rien le r\u00e9sultat d\u2019une manifestation populaire se ruant vers la Palais d\u2019hiver. La R\u00e9volution d\u2019Octobre est le r\u00e9sultat d\u2019un coup d\u2019Etat bien organis\u00e9 et men\u00e9 par L\u00e9nine et Trotsky. Ce dernier peut d\u00e9clarer le 25 octobre devant le Soviet \u00ab\u00a0Nous allons fonder un pouvoir qui ne se proposera pas d\u2019autre but que de satisfaire les besoins des soldats, des ouvriers et des paysans\u00a0\u00bb, laissant croire aux congressistes qu\u2019il avait l\u2019intention de constituer un gouvernement de coalition avec tous les partis socialistes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Comment la R\u00e9volution d\u00e9bouche-t-elle sur la guerre civile (1917-1921)\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Dans les mois de Juin-ao\u00fbt 1918, le r\u00e9gime bolch\u00e9vique traverse une terrible crise\u00a0; il se croit encercler et menac\u00e9 par les signes trompeurs de l\u2019intervention \u00e9trang\u00e8re. Les bolcheviques ignorent l\u2019extr\u00eame division des alli\u00e9s\u00a0: les japonais refusent d\u2019aller au-del\u00e0 d\u2019Irkoutsk et font tout pour emp\u00eacher la formation d\u2019un gouvernement blanc efficace. Les Am\u00e9ricains envoient des troupes mais ne s\u2019en servent pas\u00a0; les Fran\u00e7ais et les Anglais m\u00e8nent en Sib\u00e9rie une guerre d\u2019influence\u00a0: L\u2019amiral Koltchak est consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019homme des Anglais\u00a0; les Fran\u00e7ais le combattent notamment avec la f\u00e9roce l\u00e9gion tch\u00e8que. Dans le sud, Krasnov est soutenu par l\u2019Allemagne et Denikine par les Alli\u00e9s. Quant \u00e0 l\u2019Ukraine elle r\u00eave d\u2019ind\u00e9pendance et est parcourue par les bandes anarchistes de Makhno\u00a0!<\/p>\n<p>La Russie bolch\u00e9vique est alors r\u00e9duite aux limites de l\u2019ancienne Moscovie du XVe s. En outre elle est d\u00e9stabilis\u00e9e par des \u00e9meutes de paysans qui triomphent dans de nombreuses villes et r\u00e9gions\u00a0: Jaroslavl\u2019, Tambov, Rjazan\u2019 et Penza\u00a0! C\u2019est dans ce contexte que s\u2019ouvre le 4 juillet 1918, le Ve Congr\u00e8s des soviets qui va ent\u00e9riner la rupture entre les bolch\u00e9viques et les socialistes r\u00e9volutionnaires de gauche\u00a0; ces derniers \u00a0n\u2019ont pas accept\u00e9 l\u2019armistice de Brest-Litovsk et traitent leurs alli\u00e9s bolch\u00e9viques de \u00ab\u00a0fusilleurs\u00a0\u00bb. La r\u00e9plique de L\u00e9nine est claire\u00a0: \u00ab\u00a0La guerre civile est n\u00e9cessaire au socialisme\u00a0\u00bb. C\u2019est la rupture. Le 6 juillet, l\u2019assassinat du comte allemand Mirbach par deux socio-r\u00e9volutionnaires permet aux Bolcheviques, appuy\u00e9s par les Lettons et les Hongrois dont Bela Kun, d\u2019arr\u00eater\u00a0 trois cents socio-r\u00e9volutionnaires \u00e0 Petrograd et d\u2019en fusiller la plupart. La ville de Iaroslavl\u2019, gagn\u00e9e \u00e0 l\u2019insurrection par Savinov, est assi\u00e9g\u00e9e, bombard\u00e9e et s\u00e9v\u00e8rement punie par les bolch\u00e9viques. Au mois d\u2019ao\u00fbt 1918, la r\u00e9volte contre les Bolch\u00e9viques s\u2019\u00e9tend aux centres industriels de l\u2019Oural, \u00e0 Ijevsk et Votkinsk.<\/p>\n<p>Devant la menace de l\u2019\u00e9chec de la R\u00e9volution, en mars 1918, L\u00e9nine confie \u00e0 Trotsky le Commissariat \u00e0 la guerre\u00a0; il prend ses fonctions le 13 mars 1918, le jour m\u00eame du transfert de la capitale \u00e0 Moscou. Trotsky exprime sa vision de l\u2019arm\u00e9e rouge \u00ab\u00a0ma t\u00e2che \u00e9tait avant tout, de mettre les hommes qu\u2019il fallait \u00e0 la place qu\u2019il fallait, et de leur donner la possibilit\u00e9 de faire leurs preuves\u00a0\u00bb. Le principe de commandement est arr\u00eat\u00e9\u00a0: un sp\u00e9cialiste, officier de carri\u00e8re, surveill\u00e9 par un ou deux commissaires bolch\u00e9viques. Il organise douze arm\u00e9es de la mer Noire \u00e0 la Baltique. Pour surveiller tous ces fronts, Trotsky se dote d\u2019un QG mobile le l\u00e9gendaire train blind\u00e9 dans lequel, dira-t-il, j\u2019ai v\u00e9cu deux ans et demi\u00a0! C\u2019est lui aussi qui fait adopter pour l\u2019arm\u00e9e rouge le c\u00e9l\u00e8bre bonnets pointus frapp\u00e9s par l\u2019\u00e9toile rouge et les longues capotes ferm\u00e9es par des pattes de poitrine. La discipline est sans \u00e9quivoque \u00ab\u00a0si quelque partie de l\u2019arm\u00e9e bat en retraite sans autorisation, le commissaire du d\u00e9tachement sera fusill\u00e9 le premier et le commandant ensuite\u2026Les l\u00e2ches, ceux qui m\u00e9nagent leur peau, ceux qui trahissent, n\u2019\u00e9chapperont pas aux balles\u00a0; j\u2019en r\u00e9ponds devant toute l\u2019arm\u00e9e rouge\u00bb.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette arm\u00e9e rouge, galvanis\u00e9e par son chef, les Blancs et leurs all\u00e9s sont trop divis\u00e9s pour renverser une R\u00e9volution en marche\u00a0; il faut attendre le printemps 1920 et l\u2019arriv\u00e9e du g\u00e9n\u00e9ral Wrangel pour esp\u00e9rer renverser une situation quasi d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e depuis la d\u00e9b\u00e2cle des Blancs dans l\u2019hiver 1919. En septembre 1920, la fin du conflit polonais, fait se retourner sur Wrangel les meilleures troupes des Rouges. L\u2019assaut des Rouges contre l\u2019isthme de Perekop dure trois jours\u00a0; Wrangel monte sur le croiseur <em>G\u00e9n\u00e9ral Kornilov<\/em> qui l\u00e8ve l\u2019ancre pour Constantinople Le 16 novembre 1920. La guerre civile est alors termin\u00e9e\u00a0; en r\u00e9alit\u00e9, des insurg\u00e9s continuent \u00e0 combattre les Rouges, notamment dans la province de Tambov.\u00a0 Contre ces insurg\u00e9s, L\u00e9nine nomme Toukhatchevski commandant en chef de la r\u00e9gion de Tambov\u00a0; \u00e0 Kronstadt, les marins organisent une commune r\u00e9volutionnaire qui sera \u00e9cras\u00e9e par Toukhatchevski, le16 mars 1921. L\u00e9nine constate alors que \u00ab\u00a0la vie a montr\u00e9 nos erreurs\u00a0\u00bb. Au mois de mars, il fait adopter sa Nouvelle politique \u00e9conomique (NEP) dont les mesures vont mettre un terme \u00e0 la guerre civile en 1921.<\/p>\n<p><strong>Quel est le sort de la famille imp\u00e9riale<\/strong><\/p>\n<p>Abandonn\u00e9 de tous, Nicolas II abdique le 2\/15 mars 1917, \u00e0 Pskov au Grand quartier G\u00e9n\u00e9ral. Le 7\/20 mars le gouvernement provisoire ordonne l\u2019arrestation de l\u2019ex-couple imp\u00e9rial et de leurs cinq enfants. Le 30 juillet\/12 ao\u00fbt 1917, la famille est transf\u00e9r\u00e9e en Sib\u00e9rie occidentale, \u00e0 Tobolsk o\u00f9 ils rest\u00e8rent huit mois.<\/p>\n<p>Leur situation se d\u00e9grada avec la prise de pouvoir de L\u00e9nine dont le fr\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 pendu pour avoir particip\u00e9 \u00e0 un attentat contre Alexandre III. Fin mars 1918, les bolch\u00e9viks d\u00e9cident de transf\u00e9rer la famille imp\u00e9riale \u00e0 Ekat\u00e9rinbourg dont le soviet \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 pour sa f\u00e9rocit\u00e9. Ils furent log\u00e9s, ainsi que leur suite, au total douze personnes, dans la maison Ipatiev. Le 4 juillet, les gardes rouges sont remplac\u00e9s pour la garde int\u00e9rieure de la maison par un d\u00e9tachement de dix\u00a0\u00ab\u00a0 lettons\u00a0\u00bb de la Tch\u00e9ka, parmi lesquels au moins cinq hongrois dont lmre Nagy, le futur h\u00e9ros de la r\u00e9volution hongroise de 1956\u2026.En accord avec L\u00e9nine, Sverdlov fit savoir qu\u2019en aucun cas la famille imp\u00e9riale ne devait tomber entre les mains des Blancs. En cas de menace, il fallait liquider toute la famille. Le 12 Juillet,\u00a0 les Blancs investissent Ekaterinbourg par le sud. La d\u00e9cision de liquider imm\u00e9diatement la famille imp\u00e9riale, sans laisser de traces, est d\u00e9cid\u00e9e. La d\u00e9cision, transmise \u00e0 Yourovski, le chef des dix \u00ab\u00a0lettons\u00a0\u00bb, le 13 juillet. Le 16 juillet \u00e0 22 h 30, Yourovski et ses hommes vinrent assassiner la famille imp\u00e9riale. Les corps des victimes furent transport\u00e9s par camion jusqu\u2019\u00e0 la mine des \u00ab\u00a0Quatre Fr\u00e8res\u00a0\u00bb o\u00f9 on les br\u00fbla avant de jeter leurs restes dans la mine o\u00f9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es on les a retrouv\u00e9s et identifi\u00e9s par des tests ADN.<\/p>\n<p>Il ne fait aucun doute que la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise par L\u00e9nine\u00a0; dans une conversation avec Sverdlov,\u00a0 Trotsky confirme \u00ab\u00a0cette mesure \u00e9tait non seulement opportune mais n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb. Cette logique du meurtre n\u00e9cessaire fut appliqu\u00e9e aux autres membres de la famille des Romanov. Maxime Gorki qui essaya de sauver le Grand duc Nicolas Mikhailovitch, consid\u00e9r\u00e9 comme lib\u00e9ral et historien, se vit r\u00e9pondre par L\u00e9nine\u00a0: \u00ab\u00a0La R\u00e9volution n\u2019a pas besoin d\u2019historien\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pourtant lorsque Nicolas II abdiqua les deux puissances alli\u00e9es de la Russie, la France et la Grande Bretagne auraient pu faire pression sur leur alli\u00e9, le Gouvernement provisoire. La France ne manifesta aucun int\u00e9r\u00eat pour son fid\u00e8le alli\u00e9, prenant pour argent comptant les \u00e9lucubration de Lord Francis Bertie, ambassadeur d\u2019Angleterre en France\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019imp\u00e9ratrice n\u2019est pas seulement une Boche par sa naissance et ses sentiments\u2026On la consid\u00e8re comme une criminelle ou une folle\u00a0\u00bb\u00a0!<\/p>\n<p>Quant au roi Georges V cousin germain du tsar, il ne r\u00e9pondit pas \u00e0\u00a0 Milioukov, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res du gouvernement provisoire, qui priait le gouvernement anglais d\u2019offrir l\u2019asile \u00e0 la famille imp\u00e9riale\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0C\u2019est la derni\u00e8re chance, disait-il, de sauver la libert\u00e9 et peut-\u00eatre la vie de ces malheureux\u00a0\u00bb. Le gouvernement britannique tergiversa pour diff\u00e9rer sa r\u00e9ponse pour finir par demander \u00ab\u00a0au gouvernement provisoire de choisir une autre r\u00e9sidence pour Leurs Majest\u00e9s imp\u00e9riales\u00a0\u00bb. En refusant d\u2019accueillir l\u2019ex-famille imp\u00e9riale, le gouvernement scellait la mort de celle-ci. La monarchie britannique est pleinement responsable de ce drame terrible qui bouleversa profond\u00e9ment et stup\u00e9fia Milioukov et Kerenski.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En liquidant le tsarisme, Kerenski et les r\u00e9formistes pensaient jeter les bases d\u2019une r\u00e9publique lib\u00e9rale. Ils ont ouvert la voie \u00e0 la sanglante dictature de L\u00e9nine. Jean-Pierre ARRIGNON: Que visait Nicolas II en engageant la Russie dans la Premi\u00e8re Guerre mondiale\u00a0? Quand Nicolas acc\u00e8de au tr\u00f4ne de Russie en 1894, &hellip; <a class=\"readmore\" href=\"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/il-etait-une-fois-la-revolution-le-figaro-histoire-fevrier-mars-2017-n-30-pages-52-61\/\">Lire la suite &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-412","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-recents"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/412","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=412"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/412\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":413,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/412\/revisions\/413"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=412"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=412"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=412"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}