{"id":348,"date":"2016-01-24T17:30:25","date_gmt":"2016-01-24T16:30:25","guid":{"rendered":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/?p=348"},"modified":"2016-01-24T17:56:39","modified_gmt":"2016-01-24T16:56:39","slug":"lethnogenese-des-russes-la-nouvelle-revue-dhistoire-hors-serie-n11-automne-hiver-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/lethnogenese-des-russes-la-nouvelle-revue-dhistoire-hors-serie-n11-automne-hiver-2015\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0L&rsquo;ethnogen\u00e8se des Russes\u00a0\u00bb \/ La Nouvelle Revue d&rsquo;Histoire\/ hors s\u00e9rie n\u00b011 \u00ab\u00a0Les  peuples fondateurs de l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb\/ automne-hiver 2015"},"content":{"rendered":"<p>Les peuples slaves connaissent du 5e au 7e s. une formidable expansion territoriale en Europe centrale et orientale qui les portent de l\u2019Elbe \u00e0 l\u2019ouest, au Dniepr et au Volkhov \u00e0 l\u2019est ; de la Mer baltique au nord, \u00e0 la p\u00e9ninsule balkanique et au P\u00e9loponn\u00e8se au sud. Les Slaves sont identifi\u00e9s par des \u00e9l\u00e9ments ethnographiques culturels : une poterie moulur\u00e9e, la construction des maisons et les rites fun\u00e9raires. Ces \u00e9l\u00e9ments permettent de les diff\u00e9rencier des autres peuples vivant \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode comme les Germains, les Baltes, les Thraces, les Turcs, les Iraniens et les Finno-ougriens.<br \/>\nSur la base des donn\u00e9es arch\u00e9ologiques des 5e-7e s., on distingue trois principaux groupes de population slave. Le premier groupe est caract\u00e9ris\u00e9 par la c\u00e9ramique dite de Prague-Kortchaskij dont les principaux traits sont de grands pots au tronc conique au col l\u00e9g\u00e8rement r\u00e9tr\u00e9cis et une courte ouverture, un habitat fait de troncs de bois et de terre avec un int\u00e9rieur typiquement slave et des rites fun\u00e9raires d\u2019incin\u00e9ration des morts dont les cendres \u00e9taient d\u00e9pos\u00e9es dans des urnes de terre. Ce groupe de population slave s\u2019est \u00e9tendu sur un vaste territoire depuis de l\u2019Elbe \u00e0 l\u2019Ouest au Pripet \u00e0 l\u2019est comprenant les cours moyens de la Vistule et de l\u2019Oder.<br \/>\nUn second groupe de population slave s\u2019installe plus au sud, dans la steppe arbor\u00e9e, entre le Dniepr et le Danube et vers le sud jusqu\u2019\u00e0 la p\u00e9ninsule balkanique. Ils sont identifi\u00e9s par la c\u00e9ramique dite de Prague-Pen\u2019kovok et un habitat semi-enterr\u00e9. Ils pratiquent la cr\u00e9mation des cadavres mais aussi l\u2019inhumation. Ils n\u2019ont pas l\u2019habitude d\u2019\u00e9lever des kourganes\/tumuli sur les tombes ; les corps sont ensevelies dans la terre. La forme principale de la poterie est celle d\u2019un pot avec un faible profilage de la partie haute et une ouverture ovale ou ronde.<br \/>\nLe troisi\u00e8me groupe de population slave est install\u00e9 dans la partie nord-ouest de l\u2019Europe, lui aussi caract\u00e9ris\u00e9 par une c\u00e9ramique particuli\u00e8re dite de Pastyrskij au tronc rond, \u00e0 surface grise avec un d\u00e9cor \u00e0 partir d\u2019une bande en creux.<br \/>\nL\u2019arch\u00e9ologie a parfaitement identifi\u00e9 les groupes des populations slaves qui se sont install\u00e9s dans cette grande plaine europ\u00e9enne ; ces trois groupes de population slave du premier mill\u00e9naire avant notre \u00e8re refl\u00e8tent le dernier stade dialectique de langue pr\u00e9slave. Le Slaves de ce temps parlaient encore une langue commune mais ils n\u2019\u00e9taient pas fig\u00e9s dans leurs relations linguistiques. En effet, les linguistes ont largement montr\u00e9 la pr\u00e9sence de termes emprunt\u00e9s aux langues parl\u00e9es chez les peuples voisins avec lesquels ils avaient des relations \u00e9conomiques et sociales d\u00e9velopp\u00e9es.<br \/>\nQui \u00e9taient ces peuples ?<br \/>\nLa Chronique des temps pass\u00e9s donne la liste des tribus qui acquitte l\u2019imp\u00f4t. Au nord, ce sont les tribus de langues baltes, \u00e0 l\u2019est, les tribus finno-ougriennes, au sud les tribus iranophones. Il est ais\u00e9 de montrer que la plupart des hydronymes de ces r\u00e9gions sont d\u2019origine balte ou finno-ougrienne, vers le sud, en revanche nous trouvons les toponymes iraniens. Tous ces peuples voisins des Slaves vivaient de l\u2019agriculture, de l\u2019\u00e9levage et de la p\u00eache comme en t\u00e9moigne l\u2019abondance des trouvailles arch\u00e9ologiques de serpes, de meules, des restes de bl\u00e9, de f\u00e8ves, de millet, de vesce, de pois ; pour ce qui est de l\u2019\u00e9levage on a trouv\u00e9 des fragments d\u2019os de chevaux, de vaches, de porcs et de moutons. Surtout, dans ces premiers temps de peuplement de cette vaste plaine nord europ\u00e9enne, les villages de ces diff\u00e9rentes populations \u00e9taient totalement ouverts, sans la moindre fortification, ce n\u2019est que plus tard, vers le 5e s., de notre \u00e8re que les villages s\u2019entourent de puissantes fortifications constitu\u00e9es par un foss\u00e9 surmont\u00e9 par un vallum. Cet habitat primitif, avant le 5e s., \u00e9tait constitu\u00e9 de grandes et longues maisons, dans lesquelles \u00e9taient m\u00e9nag\u00e9es un espace de vie, d\u2019environ 20\/25 m2, comportant un foyer. Les activit\u00e9s des Slaves, des Baltes et des finno-ougriens \u00e9taient compl\u00e9mentaires ; les uns s\u2019adonnaient majoritairement \u00e0 l\u2019agriculture, les autres \u00e0 l\u2019\u00e9levage et les derniers \u00e0 la p\u00eache. C\u2019est cette mixit\u00e9 \u00e9conomique, sociale et culturelle qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019ethnogen\u00e8se des Rus\u2019, rassembl\u00e9s dans un Etat commun la Kievskaja Rus\u2019\/Rus\u2019 de Kiev. Le processus de \u00ab slavisation \u00bb des populations d\u2019origine balte, finno-ougrienne et iranienne progressa rapidement et conditionna leur proximit\u00e9 ethnoculturelle et linguistique ; ce processus est achev\u00e9 vers les 8e et 9e s. et permet alors la formation d\u2019un Etat, la Rus\u2019 de Kiev.<br \/>\nIl faut toujours garder \u00e0 l\u2019esprit que l\u2019expansion de la langue vieux-russe, son influence sur les parlers locaux finno-ougriens, baltes et iraniens n\u2019est pas du tout le r\u00e9sultat d\u2019un peuplement rapide et massif qui aurait submerg\u00e9 les populations autochtones, mais au contraire, le r\u00e9sultat d\u2019un tr\u00e8s lent processus d\u2019installation, de liens culturels et \u00e9conomiques compl\u00e9mentaires qui vont trouver une expression commune dans l\u2019orbite politique par la cr\u00e9ation d\u2019un Etat, la Rus\u2019 de Kiev. Ainsi, les populations que les Byzantins voient franchir le Danube au cours du 7e s. et que les auteurs d\u00e9signent sous le vocable g\u00e9n\u00e9rique de \u00ab O\u1f35 Rh\u00f4s \u00bb d\u2019o\u00f9 d\u00e9rive le terme Rus\u2019, sont le r\u00e9sultat d\u2019un long et lent processus d\u2019assimilation de tribus d\u2019origine diverse qui s\u2019ach\u00e8ve par l\u2019adoption d\u2019une langue commune qui trouve une expression \u00e9crite gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019alphabet cyrillique \u00ab invent\u00e9 \u00bb par Cl\u00e9ment et Naum d\u2019Ochrid, disciples de Cyrille et M\u00e9thode, \u00e0 Preslav \u00e0 la fin du 9e ou au d\u00e9but du 10e s. D\u00e9sormais, ces populations sont rassembl\u00e9s dans un m\u00eame Etat et d\u00e9sign\u00e9s par un m\u00eame vocable, les Rus\u2019 . Ils partageront peu apr\u00e8s la m\u00eame religion, celle du prince Vladimir, le christianisme byzantin adopt\u00e9 en 988\/989. Une autre \u00e9tape est alors franchie avec leur entr\u00e9e dans l\u2019oikoum\u00e9n\u00e8 byzantine dont l\u2019empereur et le patriarche de Constantinople sont les garants .<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les peuples slaves connaissent du 5e au 7e s. une formidable expansion territoriale en Europe centrale et orientale qui les portent de l\u2019Elbe \u00e0 l\u2019ouest, au Dniepr et au Volkhov \u00e0 l\u2019est ; de la Mer baltique au nord, \u00e0 la p\u00e9ninsule balkanique et au P\u00e9loponn\u00e8se au sud. 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