{"id":346,"date":"2016-01-22T19:39:15","date_gmt":"2016-01-22T18:39:15","guid":{"rendered":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/?p=346"},"modified":"2016-01-22T19:39:15","modified_gmt":"2016-01-22T18:39:15","slug":"interview-du-general-philippe-morillon-a-saint-briac-sur-mer-le-20-juillet-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/interview-du-general-philippe-morillon-a-saint-briac-sur-mer-le-20-juillet-2015\/","title":{"rendered":"Interview du G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon \u00e0 Saint Briac sur Mer, le 20 juillet 2015"},"content":{"rendered":"<p>Le G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon a command\u00e9 la FORPRONU d\u2019octobre 1992 \u00e0 juillet 1993 ainsi que la Force d\u2019action rapide de 1994 \u00e0 1996.<\/p>\n<p><em>N.B. Cet interview fait partie du M\u00e9moire de Master 2 \u00ab Droits des relations internationales et de l\u2019Union europ\u00e9enne \u00bb de ma fille X\u00e9nia ARRIGNON : \u00ab La responsabilit\u00e9 des membres des op\u00e9rations de maintien de la paix \u00bb (sous la direction de Madame Anne-Laure VAURS-CHAUMETTE, ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris Ouest Nanterre la D\u00e9fense \u00bb)\/ soutenu en septembre 2015 avec une mention \u00ab\u00a0Assez bien\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><strong>X\u00e9nia Arrignon : Comment se cr\u00e9e une op\u00e9ration de maintien de la paix ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon :<\/strong><br \/>\nEn principe c\u2019est toujours sur une d\u00e9cision du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies et c\u2019est en fonction des besoins estim\u00e9s.<br \/>\nLes premi\u00e8res OMP pour lesquelles l\u2019assembl\u00e9e des NU a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019exercer son devoir d\u2019ing\u00e9rence ont \u00e9t\u00e9 les Balkans. Dans les ann\u00e9es 1991-1992, il y a eu une op\u00e9ration au Cambodge et une dans les Balkans. Avec quelque chose qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s discut\u00e9 par les Serbes en particulier sur le point de vue du droit international : \u00ab qu\u2019est ce que l\u2019ONU venait faire ici, on ne lui avait rien demand\u00e9 \u00bb.<br \/>\nPour les Balkans, la mise en place de l\u2019OMP a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e suite \u00e0 un drame en Croatie : le massacre de Vukovar. Mais il y avait sur place une minorit\u00e9 serbe. Cette minorit\u00e9, au moment ou la Croatie a demand\u00e9 son ind\u00e9pendance, s\u2019est r\u00e9volt\u00e9e. Et il a \u00e9t\u00e9 commis dans l\u2019hiver 1991, un massacre \u00e0 Vukovar. A la suite de ce massacre, l\u2019opinion publique s\u2019est \u00e9mue, particuli\u00e8rement en Europe, et l\u2019 on a envisag\u00e9 de d\u00e9ployer des observateurs, mais ils n\u2019\u00e9taient pas sous mandat des Nations Unies. L\u2019Europe a envisag\u00e9 une op\u00e9ration de soutien de ces observateurs. On a demand\u00e9 \u00e0 l\u2019Europe d\u2019envisager une protection pour ces observateurs. L\u2019Europe n\u2019a finalement pas voulu et a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas intervenir.<br \/>\nA la place, et parce que les choses ont continu\u00e9 de s\u2019envenimer s\u00e9rieusement, le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 a adopt\u00e9 le plan \u00ab Cyrus Vance \u00bb. Il s\u2019agissait d\u2019un plan d\u2019aide humanitaire, qui \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 \u00e9viter que des centaines de milliers de civils meurent de faim et de froid, en plus des victimes des combats de la guerre civile du moment.<br \/>\nLa premi\u00e8re mission de la FORPRONU a \u00e9t\u00e9 de s\u2019interposer entre les Serbes et les Croates, apr\u00e8s un accord de cessez-le-feu, il fallait intervenir entre Belgrade et Zagreb. Et l\u00e0, nous avons mis en place un contingent charg\u00e9 d\u2019assurer le maintien d\u2019un cessez-le-feu fragile. Il fallait emp\u00eacher les provocations de part et d\u2019autre. C\u2019\u00e9tait une op\u00e9ration, \u00e0 proprement parler, de maintien de la paix. Avec dans un premier temps, la mise en place de forces qui venaient du monde entier ; cela s\u2019est effectu\u00e9 sans trop de difficult\u00e9s et les troupes furent plut\u00f4t bien accueillies par les populations. Pour cette mission, il s\u2019agit de surveiller la Serbie et la Croatie. Ces ont les ann\u00e9es 1991- d\u00e9but 1992.<\/p>\n<p>L\u00e0 ou les choses ont tourn\u00e9, c\u2019est au moment ou en Bosnie, la guerre civile a \u00e9clat\u00e9 entre Serbes, Croates et musulmans. C\u2019est \u00e0 ce moment l\u00e0, que face \u00e0 la mise en place de cette politique de purification ethnique, Mitterrand est arriv\u00e9 \u00e0 Sarajevo. Parall\u00e8lement, \u00e0 Londres, s\u2019est tenue une conf\u00e9rence pour la mise en place d\u2019une force compl\u00e9mentaire avec mission d\u2019assurer les passages d\u2019aides humanitaires. Le mandat de cette force, que j\u2019ai command\u00e9e \u00e0 Sarajevo \u00e0 partir du mois de juin 1992, \u00e9tait d\u2019assurer le passage des convois humanitaires et d\u2019emp\u00eacher que quiconque meurt de faim et de froid. Un mandat qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 facile \u00e0 tenir parce que toute intervention du maintien de la paix impose d\u2019\u00eatre particuli\u00e8rement vigilant sur l\u2019impartialit\u00e9.<br \/>\nNous ne pouvions \u00eatre l\u2019ami de personne sur le terrain ; nous avons \u00e9t\u00e9 tout de suite per\u00e7us comme des adversaires. Les Bosniaques nous disaient : \u00ab vous nous assurez le vivre mais nous allons mourir \u00bb. Les Serbes \u00e9taient plus agressifs et ne comprenaient pas pourquoi l\u2019ONU \u00e9tait pr\u00e9sente sur le terrain.<br \/>\nIl s\u2019agissait d\u2019un mandat tr\u00e8s limit\u00e9, avec une restriction de l\u2019emploi de la force seulement en cas de l\u00e9gitime d\u00e9fense, c&rsquo;est-\u00e0-dire seulement lorsque nos propres soldats \u00e9taient en danger. Cela a \u00e9t\u00e9 un frein consid\u00e9rable \u00e0 toute initiative. Cette id\u00e9e, je l\u2019ai d\u2019ailleurs refus\u00e9e. S\u2019il s\u2019agit d\u2019emp\u00eacher nos soldats de mourir, on a qu\u2019\u00e0 les laisser dans leurs garnisons. Qu\u2019est ce que l\u2019on va faire \u00e0 Sarajevo, s\u2019il s\u2019agit de prot\u00e9ger nos propres soldats ?<br \/>\nCe mandat nous condamnait \u00e0 l\u2019impuissance. C\u2019\u00e9tait un pr\u00e9texte, qui s\u2019est d\u2019ailleurs prolong\u00e9 \u00e0 Srebrenica, par la passivit\u00e9. Or, \u00e0 la guerre, la passivit\u00e9 est infamante. Moi j\u2019avais \u00e9tabli un principe avec les colonels qui \u00e9taient sous mes ordres : on \u00e9tait l\u00e0 pour emp\u00eacher que le maximum d\u2019innocents meurent de faim et de froid mais on avait aussi le devoir d\u2019intervenir lorsque leurs propres vies \u00e9taient menac\u00e9es. On l\u2019a d\u2019ailleurs fait \u00e0 plusieurs reprises. L\u00e0 on \u00e9tait \u00e0 la limite du mandat. On m\u2019a toujours dit que j\u2019avais d\u00e9sob\u00e9i, ce qui n\u2019\u00e9tait pas le cas, puisque j\u2019avais pr\u00e9venu New-York de ce que j\u2019allais faire. Mais disons que j\u2019ai pris \u00e0 Srebrenica, en mars 1993, une initiative qui \u00e9tait carr\u00e9ment de s\u2019opposer \u00e0 l\u2019offensive des Serbes. Et si j\u2019ai r\u00e9ussi, c\u2019est avec l\u2019aide de Milosevic qui a contraint les Serbes de Bosnie \u00e0 cesser leurs offensives \u00e0 ce moment l\u00e0. Cela a plac\u00e9 mes successeurs dans une situation tr\u00e8s difficile. Le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 a vot\u00e9 la mise en place de zones de protection \u00e0 travers le territoire de la Bosnie, mais sans donner des moyens suppl\u00e9mentaires par rapport \u00e0 ceux dont je disposais \u00e0 l\u2019\u00e9poque ou cette mission nouvelle n\u2019existait pas.<\/p>\n<p>Au printemps 1993, se n\u00e9gociait \u00e0 Gen\u00e8ve un plan qui \u00e9tait une conf\u00e9rence pour la paix en Yougoslavie \u00e0 laquelle participaient Cyrus Vance et Lord Owen ; ils avaient un mandat de New-York pour arr\u00eater les hostilit\u00e9s en Bosnie. Au moment o\u00f9 les choses se sont produites \u00e0 Srebrenica, au printemps 93, les participants de tous les cot\u00e9s pensaient qu\u2019une paix allait s\u2019installer. On esp\u00e9rait qu\u2019elle s\u2019installerait dans les semaines \u00e0 venir. Avant les accords, chacun essayait d\u2019agrandir son territoire. On pr\u00e9voyait m\u00eame des patrouilles communes pour pr\u00e9server cette paix future. Mais au moment ou Milosevic \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 signer ainsi que Karadzic (chef des Serbes de Bosnie) , Mladic a fait un v\u00e9ritable coup d\u2019Etat au parlement des Serbes de Bosnie. Dans la nuit, le parlement a refus\u00e9 le plan \u00ab Vance \u00bb. Les choses sont reparties..<\/p>\n<p>On a alors commenc\u00e9 \u00e0 admettre qu\u2019il pouvait y avoir des cas o\u00f9 l\u2019usage de la force serait autoris\u00e9 mais aussi r\u00e9clam\u00e9. C\u2019est le drame de Srebrenica qui a provoqu\u00e9 cette prise de conscience. Les unit\u00e9s qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9es sur d\u2019autres territoires, dans d\u2019autres territoires, ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9es \u00e0 employer la force, ce qui donc donnait aux responsables sur le terrain, une responsabilit\u00e9 beaucoup plus forte.<\/p>\n<p>Ce qui est int\u00e9ressant, c\u2019est la notion qui est venu de la possibilit\u00e9 de la mise en place de forces sous mandat des Nations Unies mais ind\u00e9pendantes de l\u2019ONU : la naissance de la force europ\u00e9enne de l\u2019IFOR. Ce qui est tr\u00e8s int\u00e9ressant d\u2019\u00e9tudier c\u2019est l\u2019engagement demand\u00e9 \u00e0 l\u2019Europe pour les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo de 2005. On a souhait\u00e9 envoyer une troupe qui avait un mandat de l\u2019ONU mais qui avait ses insignes europ\u00e9ens, \u00e9taient command\u00e9es d\u2019Europe et avait une capacit\u00e9 d\u2019engagement et de r\u00e9action, semblable \u00e0 celle dont nous disposions dans les op\u00e9rations classiques. Il s\u2019agissait d\u2019une coexistence d\u2019une force des Nations Unies command\u00e9e par un g\u00e9n\u00e9ral s\u00e9n\u00e9galais mais qui avait aussi \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui un g\u00e9n\u00e9ral fran\u00e7ais, commandant une force europ\u00e9enne. De fait, les \u00e9lections se passaient entre Joseph Kabila et d\u2019autres candidats pour un premier tour. Dont un, Joseph Bemba, le plus dangereux, car il disposait de sa propre force militaire. Le soir du premier tour, Kabila, qui pensait \u00eatre \u00e9lu d\u00e8s le premier tour, a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019envoyer sa garde personnelle chez Joseph Bemba. Mais il se trouve que des ambassadeurs du monde entier se trouvaient \u00e0 ce moment chez Bemba. L\u2019assassinat de Bemba aurait provoqu\u00e9 une guerre civile. Il y avait un g\u00e9n\u00e9ral sur place qui disposait d\u2019un bataillon espagnol qui est intervenu imm\u00e9diatement. C\u2019est ici, toute la diff\u00e9rence avec les r\u00e9actions, plus calmes en g\u00e9n\u00e9ral et moins spontan\u00e9es des forces des Nations Unies. Il s\u2019agit d\u2019une force europ\u00e9enne sous mandat de l\u2019ONU qui a dispos\u00e9 des moyens de l\u2019action imm\u00e9diate. C\u2019est un peu le mod\u00e8le qui, malheureusement, est rest\u00e9 extr\u00eamement rare. Le d\u00e9ploiement d\u2019une arm\u00e9e europ\u00e9enne me parait \u00eatre la v\u00e9ritable r\u00e9volution aujourd\u2019hui. New-York ne peut pas commander, il ne peut pas y avoir de chef militaire \u00e0 New-York, ils n\u2019en ont pas les moyens, pas la formation. Je pense que la vraie solution est de confier \u00e0 des responsables militaires, disposant des moyens suffisant de communications et de transmission, d\u2019actions. Il faut disposer de moyens de r\u00e9actions rapides.<br \/>\nLorsque le drame s\u2019est produit en 1995 \u00e0 Srebrenica, je me souviens que la premi\u00e8re r\u00e9action des politiques a \u00e9t\u00e9 de d\u00e9clarer la lev\u00e9e de l\u2019embargo sur les armes \u00e0 destination de la Bosnie. C\u2019est d\u2019ailleurs ce que les Serbes attendaient depuis le d\u00e9but. La lev\u00e9e de cet embargo avait comme corollaire le retrait des forces des Nations Unies. On ne pouvait pas en m\u00eame temps apporter des armes dans un th\u00e9\u00e2tre et puis observer des Casques bleus. Je suis persuad\u00e9 que Mladic est intervenu en 1995\u00e0 Srebrenica, moi je commandais la Force d\u2019action rapide fran\u00e7aise \u00e0 Paris. Je suis arriv\u00e9 le 3 aout 1995 \u00e0 New York et j\u2019ai dit \u00e0 mes correspondants dans les m\u00e9dias, qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019autre solution pour les Nations Unies que de frapper, de prendre partie et que la derni\u00e8re chose \u00e0 faire \u00e9tait de lever l\u2019embargo sur les armes. Le Congr\u00e8s am\u00e9ricain venait de voter le jour m\u00eame la lev\u00e9e de cet embargo. On ne pouvait fournir aucune arme lourde aux bosniaques. Je suis arriv\u00e9 \u00e0 un moment ou Clinton avait besoin d\u2019affronter son Congr\u00e8s. Et pour moi, il n\u2019y avait aucune autre solution que de frapper. Et frapper, c\u2019est ce que Clinton a d\u00e9cid\u00e9 et c\u2019est ce qui a mis fin au conflit. En moins de trois semaines, les Serbes \u00e9taient battus et ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s d\u2019accepter les fameux accords de Dayton.<\/p>\n<p>Dans les OMP, apr\u00e8s les exp\u00e9riences malheureuses v\u00e9cues jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, il faut refuser l\u2019ang\u00e9lisme. Il faut avoir conscience que l\u2019on est toujours per\u00e7u comme des \u00ab g\u00eaneurs \u00bb, parce que l\u2019on est l\u2019ennemi de personne. Il faut donner les moyens aux responsables sur le terrain comme on peut le faire aujourd\u2019hui avec l\u2019aide de l\u2019aviation et de l\u2019artillerie.<\/p>\n<p><strong>X\u00e9nia Arrignon : Est-ce que finalement on peut dire que la FORPRONU est une op\u00e9ration d\u2019imposition de la paix ? <\/strong><br \/>\n<strong>Comment distingueriez-vous le r\u00e9tablissement de la paix et l\u2019imposition de la paix ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon :<\/strong><br \/>\nC\u2019est l\u2019imposition qui est intervenue apr\u00e8s les massacres de Srebrenica (en 1995) et qui est intervenue parce que l\u2019on avait enfin mis en place une force de r\u00e9action rapide. Il y avait la possibilit\u00e9 de mettre en \u0153uvre des frappes de l\u2019OTAN, qui commen\u00e7aient d\u2019\u00eatre planifi\u00e9es mais qui n\u2019ont jamais eu lieu et qui se sont d\u00e9clench\u00e9es \u00e0 partir du massacre de Srebrenica. Ca a vraiment \u00e9t\u00e9 un tournant. Donc oui on peut parler d\u2019imposition de la paix, puisque finalement nous avons pris partie. Et \u00e7a, c\u2019est ce que l\u2019ONU a toujours refus\u00e9 d\u2019envisager.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1960, au moment de la d\u00e9colonisation, il y a eu des combats qui se sont d\u00e9velopp\u00e9s dans la r\u00e9gion de Katanga. Conflit dans lequel des forces des Nations Unies qui \u00e9taient sur le terrain, se sont trouv\u00e9es prises, malgr\u00e9 elles. Cela a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme une erreur grossi\u00e8re, une d\u00e9b\u00e2cle. A la suite de cette exp\u00e9rience malheureuse, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que les soldats de la paix ne devaient plus \u00eatre arm\u00e9s.<\/p>\n<p>Il y avait une tradition selon laquelle, pour \u00e9viter d\u2019\u00eatre pris au pi\u00e8ge, pour \u00e9viter d\u2019\u00eatre embarqu\u00e9 dans un conflit dans lequel l\u2019ONU n\u2019avait pas envie d\u2019\u00eatre partie prenante, moins on \u00e9tait arm\u00e9, mieux \u00e7a valait ! C\u2019\u00e9taient les observateurs sans armes, qui \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme ceux qui \u00e9taient capables de rendre compte. Ils \u00e9taient l\u00e0 pour r\u00e9tablir la paix mais pas pour l\u2019imposer.<br \/>\nA l\u2019heure actuelle, moi je propose le mod\u00e8le de cette force ind\u00e9pendante : l\u2019IFOR.<\/p>\n<p><strong>X\u00e9nia Arrignon : Comment cela se passe au niveau de la responsabilit\u00e9 pour les op\u00e9rations qui sont seulement habilit\u00e9es par le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 ? Vu que l\u2019on d\u00e9ploie une force r\u00e9gionale, est ce que c\u2019est l\u2019organisme r\u00e9gional qui va \u00eatre responsable ou l\u2019ONU ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon :<\/strong><br \/>\nC\u2019est l\u2019organisme r\u00e9gional. L\u2019IFOR traite de Hambourg, avec New-York. C\u2019est l\u2019IFOR qui commande sur le terrain. Mais je le r\u00e9p\u00e8te, selon moi l\u2019IFOR serait un mod\u00e8le qui m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre pris en compte. Pendant les \u00e9lections de 2005, cela a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s efficace. C\u2019est peut \u00eatre parce que c\u2019\u00e9tait le corps europ\u00e9en qui intervenait et sans avoir besoin de tirer un coup de fusil. Il s\u2019agissait seulement d\u2019avoir sur place une troupe pr\u00e9par\u00e9e.<br \/>\nAu Mali, d\u2019ailleurs en 2013, nous sommes intervenus \u00e0 la demande du gouvernement et non pas sous mandat de l\u2019ONU.<\/p>\n<p>Le concept, depuis l\u2019origine, \u00e9tait la neutralit\u00e9 absolue et encore une fois : moins on \u00e9tait arm\u00e9, mieux c\u2019\u00e9tait. Il y avait cette interdiction d\u2019utiliser la force. On ne pouvait l\u2019utiliser qu\u2019en cas de l\u00e9gitime d\u00e9fense. Chose que j\u2019ai toujours combattue.<br \/>\nJe crois qu\u2019il ne faut pas envoyer des hommes sur le terrain quand il n\u2019y a pas de cessez-le-feu intervenu. Il y a des op\u00e9rations comme celle qui se passe au Liban aujourd\u2019hui, qui continue \u00e0 \u00eatre strictement des op\u00e9rations de maintien de la paix. Ils interviennent comme observateurs et non pas comme acteurs. Ils ont pour mission d\u2019emp\u00eacher que tout incident d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en incendie. Ils ont la possibilit\u00e9 de liaison avec les deux cot\u00e9s, qui ont sign\u00e9 un accord de paix. Leur pr\u00e9sence est ici indispensable. Moi, quand je suis parti \u00e0 Srebrenica, moi-m\u00eame c\u2019\u00e9tait pour mettre en \u0153uvre des observateurs. Les deux parties proclamaient la paix et j\u2019ai mis en place des observateurs pour voir ce qui se passait r\u00e9ellement, en \u00e9vitant des provocations de part et d\u2019autre. Il y en a pourtant eues.<br \/>\nLes Bosniaques musulmans r\u00e9fugi\u00e9s dans cette poche de Srebrenica avaient commis aux yeux de leurs voisins serbes un crime \u00e9pouvantable en attaquant des villages serbes la nuit du No\u00ebl orthodoxe. Mais de part et d\u2019autre, il y avait eu des atrocit\u00e9s. Mais des atrocit\u00e9s qui provoquent des haines que les politiques exploitent automatiquement. C\u2019est ce que j\u2019appelle \u00ab la maladie de la peur \u00bb, la peur d\u2019\u00eatre \u00e9limin\u00e9.<br \/>\nA mes yeux, les Nations Unies doivent \u00eatre l\u00e0 pour assurer le besoin d\u2019identit\u00e9 qui est d\u2019autant plus profond quand on sait que l\u2019on va vers la mondialisation, en garantissant le droit des minorit\u00e9s. Finalement, il faudrait pr\u00e9parer nos hommes, et c\u2019est d\u2019ailleurs ce que l\u2019on fait dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, au respect du droit des minorit\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>X\u00e9nia Arrignon : Est-ce que sur le terrain vous avez \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 appliquer le droit international humanitaire ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon :<\/strong><br \/>\nC\u2019est le pr\u00e9texte que je me suis donn\u00e9, moi. Quand je suis intervenu \u00e0 Sarajevo, j\u2019ai rencontr\u00e9 un m\u00e9decin qui me disait qu\u2019il y avait des milliers de gens qui mourraient de faim et de froid. Les Serbes avaient enferm\u00e9 la population dans un blocus et interdisaient le passage des convois humanitaires. Cette s\u00e9curit\u00e9 des convois que le droit humanitaire m\u2019a impos\u00e9, \u00e9tait difficile \u00e0 assurer. Les convois ne passaient pas. Je suis parti sur place avec cette conviction qu\u2019il fallait que je d\u00e9bloque la situation. Et je l\u2019ai tenu et c\u2019est ce qui avait \u00e9t\u00e9 salu\u00e9 par l\u2019opinion publique. J\u2019ai toujours dit aux gens que je ne les abandonnerai pas tant que je n\u2019aurai pas permis le r\u00e9tablissement du convoi. Je suis revenu de Belgrade \u00e0 la t\u00eate d\u2019un convoi qui a apport\u00e9 du pain et de la farine. Mais j\u2019ai \u00e9t\u00e9 accueilli d\u2019 une fa\u00e7on que je regrette finalement aujourd\u2019hui parce que, une fois cette op\u00e9ration r\u00e9ussie, si j\u2019avais eu conscience qu\u2019on s\u2019enfermait dans encore deux ann\u00e9es de guerre, j\u2019aurai s\u00fbrement fait \u00e9vacuer la ville. Mais je ne pouvais pas me permettre de le faire car cela aurait \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme une aide \u00e0 la purification ethnique. Donc j\u2019ai laiss\u00e9 partir toutes les familles, les femmes et les enfants, les bless\u00e9s qui ont tous \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9s par h\u00e9licopt\u00e8re. J\u2019ai laiss\u00e9 sur le terrain un de mes meilleurs bataillons de l\u2019\u00e9poque, un bataillon canadien, avec pour mission d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 de cette ville. C\u2019\u00e9tait le droit humanitaire.<br \/>\nOn m\u2019a souvent dit que j\u2019avais outrepass\u00e9 mon mandat, qui \u00e9tait d\u2019emp\u00eacher que des personnes meurent de faim. A l\u2019\u00e9poque je n\u2019ai pas eu \u00e0 tirer un seul coup de fusil.<\/p>\n<p><strong>X\u00e9nia Arrignon : Certains livres \u00e9crivent que la FORPRONU est consid\u00e9r\u00e9e comme une force d\u2019imposition de la paix, qu\u2019en pensez-vous ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon :<\/strong><br \/>\nPas encore \u00e0 ce moment l\u00e0. Elle en a dispos\u00e9 des moyens apr\u00e8s mon d\u00e9part, quand on a mis en place sur le Mont Igman des moyens de r\u00e9actions.<\/p>\n<p><strong>X\u00e9nia Arrignon : Lorsque la FORPRONU a \u00e9t\u00e9 soutenue par l\u2019OTAN ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon :<\/strong><br \/>\nOui c\u2019est \u00e7a. A Mostar, d\u2019abord avec le soutien de l\u2019OTAN et des vols d\u2019observation et \u00e9ventuellement des frappes a\u00e9riennes. Mais cela a \u00e9t\u00e9 mal utilis\u00e9. On avait \u00e0 l\u2019\u00e9poque pris en otages des soldats de la paix. Il y a eu s\u00fbrement un mauvais usage de ces moyens. Et ce n\u2019est pas un reproche qu\u2019il faut adresser \u00e0 mes successeurs. Un peu affol\u00e9 par ce qui s\u2019\u00e9tait produit sous mon commandement, on a mis sur place (mais qui n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 Sarajevo mais \u00e0 Zagreb), un repr\u00e9sentant sp\u00e9cial des Nations Unies, Monsieur Akashi, qui \u00e9tait le seul \u00e0 donner des ordres \u00e0 mes successeurs. Moi je n\u2019avais pas de correspondant. J\u2019avais juste au t\u00e9l\u00e9phone Kofi Annan.<br \/>\nLes moyens d\u2019une op\u00e9ration de maintien de la paix ont \u00e9t\u00e9 mis en place assez vite apr\u00e8s mon d\u00e9part pour assurer un minimum de s\u00e9curit\u00e9 de ces fameuses poches. On est pass\u00e9 d\u2019une notion d\u2019aide humanitaire \u00e0 des moyens \u00e9ventuels d\u2019imposition de la paix qui ont \u00e9t\u00e9 mis en place apr\u00e8s le drame de Srebrenica. J\u2019ai \u00e9crit un jour que le sort des habitants de Srebrenica avait \u00e9t\u00e9 victime de la raison d\u2019Etat. Quand les Serbes sont partis, on ne les a pas arr\u00eat\u00e9s par des frappes a\u00e9riennes. Si les miliciens de Nace Rojic \u00e9taient rest\u00e9s sur place et qu\u2019ils avaient fait sauter des ponts et bouch\u00e9s quelques routes, personne ne rentrait dans Srebrenica. Srebrenica n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9fendu. Et la population est morte, victime de la raison d\u2019Etat.<\/p>\n<p><strong>X\u00e9nia Arrignon : Est-ce que vous pensez que c\u2019est une bonne chose qu\u2019une immunit\u00e9 soit accord\u00e9e aux Casques bleus ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon :<\/strong><br \/>\nOui. C\u2019est indispensable.<\/p>\n<p><strong>X\u00e9nia Arrignon : M\u00eame lorsque l\u2019on autorise le recours \u00e0 la force ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon :<\/strong><br \/>\nBien s\u00fbr. Et surtout lorsque l\u2019on autorise de recourir \u00e0 la force. Si quelqu\u2019un doit avoir des comptes \u00e0 rendre c\u2019est le chef, ou qu\u2019il soit. Le seul responsable est le chef et en aucun cas personne d\u2019autre. Sauf s\u2019il y avait un d\u00e9bordement incroyable. Comme malheureusement c\u2019est toujours possible, comme des massacres ou des viols. Mais pour toutes actions guerri\u00e8res, le seul qui doit avoir des comptes \u00e0 rendre c\u2019est le chef.<\/p>\n<p><strong>X\u00e9nia Arrignon : Qu\u2019est ce que vous entendez par \u00ab le droit d\u2019utiliser tous les moyens n\u00e9cessaires \u00bb ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon :<\/strong><br \/>\nJusqu\u2019\u00e0 faire disparaitre leur adversaire. La guerre doit \u00eatre une guerre sans haine et malheureusement dans toutes les guerres civiles, c\u2019est la guerre qui pr\u00e9domine. Souvent lorsque l\u2019on intervient, on intervient dans des guerres civiles. Mais la guerre passe par, qu\u2019on le veuille ou non, le r\u00e9tablissement de la situation politique pour lequel l\u2019action a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e. Ca c\u2019est la notion de la guerre juste. Que le Pape Fran\u00e7ois a d\u2019ailleurs repris \u00e0 propos de Daesh. La guerre ne peut \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e que lorsque tous les moyens de n\u00e9gociations \u00e9conomiques, diplomatiques pour obtenir un objectif politique ont \u00e9chou\u00e9. Et la guerre doit prendre fin quand le but politique en question a \u00e9t\u00e9 atteint. Pendant les deux guerres mondiales ont a eu un seul but : la victoire. Et \u00e7a c\u2019est contraire \u00e0 l\u2019esprit m\u00eame de l\u2019engagement militaire qui ne doit \u00eatre que la poursuite de la politique par d\u2019autre moyens et qui doit s\u2019arr\u00eater lorsque l\u2019objectif politique est atteint. En Bosnie, l\u2019objectif \u00e9tat emp\u00eacher la poursuite de la guerre civile. Les accords de Dayton ont officialis\u00e9 la politique de purification ethnique. Alors qu\u2019auparavant les Serbes, Croates et musulmans vivaient en parfaite harmonie sans savoir qui \u00e9tait qui. Le but aurait d\u00fb \u00eatre de r\u00e9tablir cette harmonie. D\u2019ailleurs peut \u00eatre qu\u2019on y arrivera aussi au Liban. Mais la difficult\u00e9 que les Nations Unies ont \u00e9prouv\u00e9 pendant cette p\u00e9riode d\u2019imposition de la paix : au lieu d\u2019obliger les gens \u00e0 vivre ensemble, on les a un peu encourag\u00e9s \u00e0 se s\u00e9parer les uns des autres.<br \/>\nDonc jusqu\u2019ou faut-il aller ? Il faut avoir tous les moyens, c\u2019est s\u00fbr. Il faut ne refuser aucun moyen. On ne va pas employer l\u2019arme atomique dans des conflits comme celui l\u00e0. Mais tous les moyens qui permettent d\u2019\u00e9viter les d\u00e9g\u00e2ts collat\u00e9raux, c&rsquo;est-\u00e0-dire les risques pour les populations civiles. Mais cela est extr\u00eamement difficile puisque les combattants se servent des populations comme boucliers. Et lorsque j\u2019\u00e9tais \u00e0 Sarajevo, il y avait des coups de mortiers qui partaient de l\u2019h\u00f4pital en direction des Serbes. Il faut juste \u00e9viter au maximum, les effets sur la population.<br \/>\nLa guerre c\u2019est l\u2019affrontement de deux volont\u00e9s. Il faut \u00e0 tout prix \u00e9viter l\u2019ang\u00e9lisme ; il faut aller au bout pour \u00eatre pris au s\u00e9rieux. Dans cette affaire du convoi, on est all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 employer la force alors que nos propres soldats n\u2019\u00e9taient pas en danger. Nous avions viol\u00e9 l\u2019esprit s\u00fbrement pas, mais la lettre de la mission. Les subordonn\u00e9s doivent \u00eatre impr\u00e9gn\u00e9s de l\u2019esprit de la mission. On ne pense qu\u2019\u00e0 \u00e7a et si l\u2019esprit de la mission est viol\u00e9, alors le devoir est d\u2019intervenir.<\/p>\n<p><strong>X\u00e9nia Arrignon : Que pensez-vous des cas d\u2019exploitations sexuelles dont sont accus\u00e9s divers Casques Bleus et de leur \u00e9ventuelle responsabilit\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon :<\/strong><br \/>\nJe n\u2019ai jamais eu ce probl\u00e8me, j\u2019ai eu de la chance. Cela s\u2019est surtout produit en Afrique. Si jamais les responsables sont identifi\u00e9s, ils feront l\u2019objet de poursuite dans leurs pays respectifs. La cr\u00e9ation de la Cour p\u00e9nale internationale fait d\u2019ailleurs parfois l\u2019objet de critiques, encore actuellement. Puisqu\u2019elle remet en cause la souverainet\u00e9 des Etats. Mais il faut que justice soit faite mais dans les propres pays concern\u00e9s. Pour quels motifs s\u2019ing\u00e9rer dans ce qui doit \u00eatre le r\u00f4le des gouvernements respectifs \u00e0 travers le monde ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le G\u00e9n\u00e9ral Philippe Morillon a command\u00e9 la FORPRONU d\u2019octobre 1992 \u00e0 juillet 1993 ainsi que la Force d\u2019action rapide de 1994 \u00e0 1996. N.B. Cet interview fait partie du M\u00e9moire de Master 2 \u00ab Droits des relations internationales et de l\u2019Union europ\u00e9enne \u00bb de ma fille X\u00e9nia ARRIGNON : \u00ab &hellip; <a class=\"readmore\" href=\"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/interview-du-general-philippe-morillon-a-saint-briac-sur-mer-le-20-juillet-2015\/\">Lire la suite &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-346","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-recents"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/346","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=346"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/346\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":347,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/346\/revisions\/347"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=346"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=346"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=346"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}