{"id":675,"date":"2025-12-22T21:49:56","date_gmt":"2025-12-22T20:49:56","guid":{"rendered":"https:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/?p=675"},"modified":"2025-12-22T21:54:11","modified_gmt":"2025-12-22T20:54:11","slug":"discours-de-reception-de-caroline-boivin","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/discours-de-reception-de-caroline-boivin\/","title":{"rendered":"DISCOURS DE R\u00c9CEPTION DE CAROLINE BOIVIN"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>\u00c0 L\u2019ACAD\u00c9MIE DES SCIENCES, LETTRES et ARTS D\u2019ARRAS, <\/strong><strong>\u00e9lue au fauteuil &nbsp;de Jean-Pierre Arrignon<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 24 novembre 2025<\/strong>, Pr\u00e9fecture du Pas de Calais, Arras <\/p>\n\n\n\n<p>Monsieur le Pr\u00e9fet, Monsieur le Maire,<\/p>\n\n\n\n<p>Mesdames et Messieurs les Acad\u00e9miciens,<\/p>\n\n\n\n<p>Mesdames et Messieurs,<\/p>\n\n\n\n<p>Mes amis, ch\u00e8re famille,<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un grand honneur d\u2019\u00eatre accueillie au sein de l\u2019Acad\u00e9mie des Sciences, Lettres et Arts d\u2019Arras. \u00c0 moi, \u00e0 partir de maintenant, de se faire succ\u00e9der des jours, des ann\u00e9es, des d\u00e9cennies, qui donneront \u00e0 cette admission tout son sens. J\u2019esp\u00e8re que je saurai me montrer digne de la confiance que vous m\u2019avez accord\u00e9e en me proposant d\u2019occuper un fauteuil de l\u2019Acad\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p>Car il suffit de parcourir, m\u00eame rapidement, la liste des personnalit\u00e9s qui ont occup\u00e9 ce premier fauteuil pour se sentir intimid\u00e9e. Du premier pr\u00e9sident de cette acad\u00e9mie fond\u00e9e en 1737, Victor-Hyacinthe d\u2019Artus, qui \u00e9tait \u00e9galement ing\u00e9nieur du Roi et directeur entre autres des fortifications de la ville d\u2019Arras, jusqu\u2019\u00e0 mon pr\u00e9d\u00e9cesseur direct Jean-Pierre Arrignon, historien sp\u00e9cialiste du Moyen-\u00c2ge et de la Russie, ce fauteuil regorge de personnages qui se sont illustr\u00e9s dans des domaines aussi divers que l\u2019ing\u00e9nierie, l\u2019art militaire, la po\u00e9sie, le professorat ou la m\u00e9decine, pour n\u2019en citer que quelques-uns. Mais comme il est d\u2019usage de rendre un hommage particulier \u00e0 son pr\u00e9d\u00e9cesseur direct, c\u2019est sur l\u2019historien Jean-Pierre Arrignon que je vais m\u2019attarder.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai pas eu le privil\u00e8ge de conna\u00eetre Jean-Pierre Arrignon de son vivant ; je l\u2019ai d\u00e9couvert lorsqu\u2019il m\u2019a fallu travailler sur ce discours. Je l\u2019ai d\u00e9couvert en lisant des articles, je l\u2019ai d\u00e9couvert en lisant son dernier ouvrage et je l\u2019ai d\u00e9couvert aussi \u00e0 travers les yeux de son \u00e9pouse, Zoya Arrignon, qui m\u2019a re\u00e7ue le temps d\u2019un th\u00e9 dans le salon de leur maison \u00e0 Arras.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Pierre Arrignon est n\u00e9 \u00e0 Nantes en 1943. Apr\u00e8s des \u00e9tudes \u00e0 l\u2019Ecole Pratique des Hautes Etudes et l\u2019obtention de l\u2019agr\u00e9gation d\u2019histoire, il d\u00e9bute comme assistant \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Poitiers. En parall\u00e8le de l\u2019enseignement qu\u2019il dispense, Jean-Pierre Arrignon se sp\u00e9cialise en histoire m\u00e9di\u00e9vale et choisit la Russie m\u00e9di\u00e9vale comme domaine de recherche. En 1986 devant l\u2019universit\u00e9 de Paris 1 Sorbonne, il soutient sa th\u00e8se de doctorat d\u2019\u00c9tat intitul\u00e9e <em>La chaire m\u00e9tropolitaine de Kiev des origines \u00e0 1240<\/em>, au sein de laquelle il d\u00e9veloppe le th\u00e8me de l\u2019importance des influences byzantines dans la gen\u00e8se de la Russie.<\/p>\n\n\n\n<p>Devenu professeur, il continue sa carri\u00e8re universitaire \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Poitiers et exerce la fonction de doyen de la facult\u00e9 des sciences humaines de 1994 \u00e0 1998, l&rsquo;ann\u00e9e o\u00f9 il prend le poste de directeur du d\u00e9partement d\u2019histoire de l\u2019universit\u00e9 du Littoral. Il y reste deux ans avant de rejoindre l\u2019universit\u00e9 d\u2019Artois o\u00f9 il enseigne jusqu\u2019\u00e0 sa retraite, en 2009. Mais cette retraite n\u2019est finalement qu\u2019administrative, car il reste tr\u00e8s actif : professeur honoraire des universit\u00e9s, il intervient notamment r\u00e9guli\u00e8rement jusqu\u2019en 2013 au Centre d\u2019\u00c9tudes byzantines, n\u00e9o-hell\u00e9niques et sud-europ\u00e9ennes de l\u2019EHESS, l\u2019\u00c9cole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre ce brillant parcours, Jean-Pierre Arrignon laisse une oeuvre consid\u00e9rable qui se partage entre livres, individuels ou collectifs, et articles. Son dernier ouvrage, <em>Une histoire de la Russie<\/em>, publi\u00e9 en 2020, et \u00e9crit alors qu\u2019il faisait face \u00e0 la maladie, est la synth\u00e8se des travaux d\u2019une vie, une vaste fresque qui nous fait voyager depuis les temps recul\u00e9s de la gestation de ce pays au territoire immense jusqu\u2019aux derni\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019URSS.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, je pourrais \u00e9galement \u00e9voquer toutes les distinctions re\u00e7ues (Chevalier puis Officier dans l\u2019Ordre des Palmes acad\u00e9miques, Chevalier dans l\u2019Ordre national du m\u00e9rite, docteur Honoris causa d\u00e9cern\u00e9 par l\u2019universit\u00e9 de Iaroslav) ; je pourrais aussi \u00e9voquer son important engagement citoyen. En effet, \u00e0 partir de 1987, il est auditeur au sein de l\u2019IHEDN, l\u2019Institut des Hautes Etudes de la D\u00e9fense Nationale, puis membre actif et conf\u00e9rencier sur des sujets de g\u00e9opolitique. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident de la d\u00e9l\u00e9gation Nord-Pas-de-Calais de la Renaissance Fran\u00e7aise, fondation cr\u00e9\u00e9e par Raymond Poincar\u00e9 en 1915 et ayant pour but aujourd\u2019hui d\u2019agir pour la paix par la diffusion du savoir, de la culture et des valeurs francophones dans un esprit d\u2019\u00e9changes et de partage avec toutes les autres cultures.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pourrais \u00e9voquer finalement toutes les autres multiples fonctions qu\u2019il a pu occuper au cours de sa vie : pr\u00e9sident du Centre de Culture europ\u00e9enne de Saint Jean d&rsquo;Angely de 1995 \u00e0 2000, expert du Gouvernement polonais pour l&rsquo;UNESCO en 1994, membre du conseil d\u2019administration de la Fondation pour la prospective et l\u2019innovation de 1992 \u00e0 1995.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pourrais le faire, mais je vais aujourd\u2019hui plut\u00f4t partager avec vous ce qui m\u2019a le plus marqu\u00e9e pendant ces heures pass\u00e9es \u00e0 essayer de d\u00e9couvrir qui \u00e9tait Jean-Pierre Arrignon.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne suis pas historienne. Je n\u2019aurai donc pas la pr\u00e9somption de commenter l\u2019oeuvre de Jean-Pierre Arrignon en sp\u00e9cialiste. Permettez-moi simplement de vous partager ce que j\u2019ai <em>ressenti <\/em>d\u2019abord en lisant son dernier ouvrage, puis en rencontrant son \u00e9pouse.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai d\u2019abord \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par sa volont\u00e9 farouche de comprendre la Russie en tenant compte de toutes ses dimensions : politiques, \u00e9conomiques, militaires, artistiques, architecturales. Et surtout, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9e par son travail sur les sources, rendu possible par la ma\u00eetrise de multiples langues anciennes (latin, grec ancien, slavon, vieux russe) et de langues slaves contemporaines (bulgare, russe, serbo-croate, ukrainien). Cette immersion totale n\u2019\u00e9tait pas seulement un outil scientifique : c\u2019\u00e9tait une mani\u00e8re d\u2019entrer dans la chair d\u2019un peuple et la logique d\u2019une civilisation.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019est un moment partag\u00e9 avec Zoya Arrignon qui, je dois l\u2019avouer, a eu sur moi l\u2019effet d\u2019un basculement. Alors que nous parlions de son mari, elle a dit : \u00ab Je n\u2019avais pas d\u2019int\u00e9r\u00eat particulier pour mon propre pays. Mais c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 mon \u00e9poux, \u00e0 cette passion qui l\u2019animait, que finalement mes yeux se sont tourn\u00e9s vers mon pays, que j\u2019ai appris \u00e0 le conna\u00eetre, et \u00e0 l\u2019aimer. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette phrase, prononc\u00e9e avec une immense tendresse, m\u2019a boulevers\u00e9e. Jusque-l\u00e0, j\u2019\u00e9tais plong\u00e9e dans mes notes, mes dates, mes fiches. \u00c0 cet instant pr\u00e9cis, Jean-Pierre Arrignon m\u2019est apparu autrement : non plus seulement comme un universitaire, mais comme un homme capable de transmettre le go\u00fbt d\u2019un pays \u00e0 celle qui en \u00e9tait originaire. C\u2019est aussi \u00e0 partir de cette phrase que, soudain, brisant le caract\u00e8re tr\u00e8s acad\u00e9mique du travail \u00e0 fournir pour \u00e9crire ce discours, j\u2019ai vu appara\u00eetre un miroir et une invitation \u00e0 en examiner le reflet.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela m\u2019a d\u00e9tourn\u00e9 de l\u2019id\u00e9e de faire aujourd\u2019hui un expos\u00e9 scientifique ; je me suis laiss\u00e9e happ\u00e9e par la curiosit\u00e9. J\u2019ai r\u00e9pondu positivement \u00e0 cette invitation \u00e0 plonger mon regard vers mes racines. Cet \u00e9lan m\u2019a dirig\u00e9e vers des archives et des travaux d\u2019historiens ; et parce que cette histoire familiale s\u2019inscrit dans une histoire collective qui a profond\u00e9ment marqu\u00e9 notre r\u00e9gion, je me permets de restituer modestement ici quelques \u00e9l\u00e9ments touchant \u00e0 l\u2019immigration polonaise ayant eu lieu entre les deux guerres et de laquelle ma famille provient.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord j\u2019\u00e9voquerai l\u2019origine de cette vague migratoire, puis les conditions dans lesquels les immigr\u00e9s furent achemin\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 leur point de chute, et enfin, apr\u00e8s un rappel de quelques chiffres, je cheminerai rapidement vers \u00ab la fin de l\u2019histoire \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout commence le 3 septembre 1919. La Pologne et la France signent \u00e0 Varsovie une convention d\u2019accueil. La France, meurtrie par quatre ann\u00e9es de guerre a besoin de bras pour se reconstruire. La Pologne, de son c\u00f4t\u00e9, est redevenue ind\u00e9pendante (apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 ray\u00e9e de la carte pendant 123 ans) mais rencontre de graves difficult\u00e9s \u00e9conomiques. Le besoin de main d\u2019oeuvre en France est tel que l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais d\u00e9cide d\u2019organiser lui-m\u00eame l\u2019accueil de travailleurs \u00e9trangers.<\/p>\n\n\n\n<p>Des bureaux de recrutement ouvrent en Pologne, dans les villes de Mys\u0142owice (en Pom\u00e9ranie Occidentale) ou encore \u00e0 Wejherowo (plus au nord, non loin des rives de la mer Baltique). La propagande atteint les lieux les plus recul\u00e9s de Pologne. Et des jeunes gens sans espoir de travail au village, voire des ch\u00f4meurs urbains, saisissent l\u2019occasion d\u2019aller s\u2019employer en France. Des trains entiers sont affr\u00e9t\u00e9s pour assurer le transport des nouvelles recrues jusqu\u2019en France. J\u2019apprends alors qu\u2019il existe une sorte de Ellis Island en France pour les Polonais : il s\u2019agit de la ville de Toul, en Lorraine, o\u00f9 les trains venus de Pologne d\u00e9barquent les migrants qui y subissent d\u2019abord une batterie d\u2019op\u00e9rations d\u2019hygi\u00e8ne (d\u00e9sinfection des 4<\/p>\n\n\n\n<p>v\u00eatements, toilette corporelle, \u00e9pouillage, contr\u00f4le des vaccinations), avant que ne soient remplis les documents administratifs qui pr\u00e9cisent dans quel coin de France ils vont \u00eatre envoy\u00e9s. \u00c0 partir de l\u00e0, des convoyeurs les prennent en charge et les acheminent par le train sur leur lieu d\u2019emploi. Entre leur arriv\u00e9e et leur d\u00e9part de Toul, il se passe quelques jours. Les conditions de s\u00e9jour \u00e0 Toul ne sont pas id\u00e9ales : malgr\u00e9 la bonne surprise des repas chauds qui y sont servis, des rapports d\u00e9noncent la salet\u00e9 dans les dortoirs, le manque d\u2019intimit\u00e9 des couples, des femmes qui accouchent dans la salle commune au vu de tous. N\u00e9anmoins, pour ces Polonais qui fuient la mis\u00e8re et qui ne parlent pas un seul mot de fran\u00e7ais, c\u2019est le d\u00e9but d\u2019une nouvelle vie. Ils iront travailler dans les mines de charbon du Nord-Pas-de-Calais bien s\u00fbr, mais aussi dans des fermes des Pays de la Loire, dans les mines de fer du Calvados ou dans le bassin potassique de Haute-Alsace.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la documentation que j\u2019ai consult\u00e9e, j\u2019ai aussi d\u00e9couvert des chiffres dont je n\u2019avais jamais r\u00e9ellement mesur\u00e9 l\u2019ampleur. \u00c0 Sallaumines par exemple, la commune, vid\u00e9e par la guerre (1800 habitants en 1919 contre 8000 en 1913), se repeuple en majorit\u00e9 de Polonais : en 1931, sur 14 750 habitants, ils sont 6 800 Polonais pour 6 380 Fran\u00e7ais auxquels il faut ajouter 1 570 \u00e9trangers d\u2019autres nationalit\u00e9s. \u00c0 Fouqui\u00e8res-l\u00e8s-Lens, pr\u00e8s de la fosse 9, le pourcentage de Polonais grimpe m\u00eame \u00e0 70 %.<\/p>\n\n\n\n<p>Le flux migratoire amorc\u00e9 par la convention franco-polonaise de 1919 a dur\u00e9 une d\u00e9cennie. En 1921, on comptait en France environ 45 000 Polonais. Dix ans plus tard, ils \u00e9taient 507 000.<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons qu\u2019au d\u00e9part ces immigr\u00e9s constituent une population persuad\u00e9e qu\u2019elle ne restera pas, recr\u00e9ant ce qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 des \u00ab petites Polognes \u00bb. Ce sentiment est renforc\u00e9 aux d\u00e9buts des ann\u00e9es trente quand la crise \u00e9conomique provoque des renvois forc\u00e9s. Finalement, c\u2019est au sortir de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, que l\u2019id\u00e9e de rester d\u00e9finitivement commence \u00e0 s\u2019installer. En effet, alors que certains d\u00e9cident de rejoindre la Pologne qui rena\u00eet une nouvelle fois de ses cendres, la majorit\u00e9 de cette population, rassembl\u00e9e en associations catholiques, se positionne en opposition au gouvernement de Varsovie et reste en r\u00e9sistance symbolique au moins jusqu\u2019en 1989. Ainsi, \u00e0 partir de 1945, avec la conviction qu\u2019ils sont l\u00e0 pour rester, ils se r\u00e9solvent \u00e0 vivre en France et \u00e0 profiter de tous les avantages que la R\u00e9publique fran\u00e7aise apporte \u00e0 ses citoyens : la scolarit\u00e9 et la possibilit\u00e9 de carri\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9ducation.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon histoire familiale s\u2019inscrit dans cette histoire collective : mon arri\u00e8re-grand-p\u00e8re (qui a chemin\u00e9 de Toul \u00e0 Sallaumines en 1930) \u00e9tait mineur, mon grand-p\u00e8re \u00e9tait mineur, mon p\u00e8re est ing\u00e9nieur. Une trajectoire rendue possible par cette R\u00e9publique fran\u00e7aise que beaucoup ont fini par adopter.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette image d\u2019une \u00c9cole capable d\u2019\u00e9manciper les individus m\u2019est ch\u00e8re. C\u2019est la raison principale pour laquelle j\u2019exerce le m\u00e9tier de professeur aujourd\u2019hui ; peut-\u00eatre peut-on y d\u00e9celer une mani\u00e8re inconsciente de \u00ab renvoyer l\u2019ascenseur \u00bb. Je suis anim\u00e9e par le sentiment que cette profession me permet, modestement, \u00e0 mon 5<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e9chelle, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une classe, de contribuer \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 meilleure. Cette d\u00e9marche, je l\u2019ai prolong\u00e9e en-dehors des murs de l\u2019\u00c9cole en d\u00e9cidant il y a trois ans d\u2019int\u00e9grer les Groupes Scientifiques d\u2019Arras, afin de prendre une part plus active \u00e0 la diffusion de la culture scientifique au sein de la Cit\u00e9. Et c\u2019est dans ce m\u00eame esprit que je souhaite m\u2019impliquer pleinement dans les activit\u00e9s de l\u2019Acad\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p>Je conclurai en rappelant l\u2019inestimable h\u00e9ritage que Jean-Pierre Arrignon laisse dans l\u2019historiographie de le Russie m\u00e9di\u00e9vale, ouvrage titanesque cr\u00e9\u00e9 par une immersion totale dans ce domaine de recherche, traduisant une inextinguible soif d\u2019apprendre et de comprendre. C\u2019est en empruntant ce chemin-l\u00e0 d\u2019apprentissage toujours renouvel\u00e9 et de curiosit\u00e9 toujours vive qu\u2019humblement je suivrai ses pas. Car il faut avouer que la scientifique (que je suis principalement) ressent une joie enfantine de voir se dresser les mots \u00ab lettres \u00bb et \u00ab arts \u00bb \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du mot \u00ab sciences \u00bb dans l\u2019intitul\u00e9 de la v\u00e9n\u00e9rable institution qui l\u2019accueille aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Je tiens donc \u00e0 exprimer ma gratitude \u00e0 Patrick Wintrebert sans qui je ne serai pas l\u00e0 aujourd\u2019hui et auquel de pr\u00e9cieux liens spirituels m\u2019attachent. Florent, merci \u00e0 toi \u00e9galement pour ta confiance et pour le soutien que tu me t\u00e9moignes dans ma volont\u00e9 de prendre part \u00e0 la vie de la Cit\u00e9. Merci \u00e9galement \u00e0 Zoya Arrignon pour la confiance qu\u2019elle m\u2019a t\u00e9moign\u00e9e. Merci \u00e0 vous, acad\u00e9miciennes et acad\u00e9miciens de m\u2019accueillir. Merci \u00e0 ma famille d\u2019\u00eatre \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s. Merci \u00e0 tous de m\u2019avoir \u00e9cout\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 L\u2019ACAD\u00c9MIE DES SCIENCES, LETTRES et ARTS D\u2019ARRAS, \u00e9lue au fauteuil &nbsp;de Jean-Pierre Arrignon Le 24 novembre 2025, Pr\u00e9fecture du Pas de Calais, Arras Monsieur le Pr\u00e9fet, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Acad\u00e9miciens, Mesdames et Messieurs, Mes amis, ch\u00e8re famille, C\u2019est un grand honneur d\u2019\u00eatre accueillie au sein &hellip; <a class=\"readmore\" href=\"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/discours-de-reception-de-caroline-boivin\/\">Lire la suite &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-675","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-recents"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/675","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=675"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/675\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":678,"href":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/675\/revisions\/678"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=675"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=675"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/blogjparrignon.net\/asc2i\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=675"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}